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En janvier 1939, dans la revue technique du R.L. nommée QSL, notre ami LX1AB (Guillaume Berger) a retracé l’histoire des émissions d’amateurs dans notre pays dans un article fort long et intitulé « Historique de l’émission d’amateurs au Grand-Duché de Luxembourg ». La préface à cet article se lit comme suit :
« Les lignes qui vont suivre constituent certainement le premier essai publié sur l’histoire de l’émission d’amateurs au Grand-Duché. Par conséquent ce récit n’a nullement la prétention d’être complet. Au contraire, le secrétariat serait reconnaissant à tout OM pouvant fournir quelques détails complémentaires ».
L’historien d’alors, ayant vécu la période qu’il décrit, risque certainement moins d’être incomplet qu’on ne pourrait l’être aujourd’hui avec un écart d’un demi-siècle en plus. Nous allons donc utiliser le récit de LX1AB comme toile de fond de la présente relation.
L’émission d’amateurs au Grand-Duché au moyen d’ondes électromagnétiques remonte aux temps héroïques des essais en laboratoire avec bobines de RHUMKORFF produisant des ondes amorties à l’aide d’étincelles électriques, ondes qui influençaient à la réception le célèbre cohéreur de BRANLY.
Ce n’est que peu avant la grande guerre mondiale 1914-18 que quelques jeunes expérimentateurs se hasardèrent hors de leurs laboratoires pour faire des essais en plein air. Pendant la guerre, temps de l’occupation allemande du territoire luxembourgeois, tout essai de ce genre devait prendre fin. A un moment donné il fut même interdit d’avoir chez soi un récepteur quelconque de signaux Morse, et maint appareil à galène ou à détecteur électrolytique ou électro-magnétique fut tout simplement supprimé par l’occupant.
Après 1918 l’amateurisme recommençait à se donner libre cours. Diverses publications techniques facilitèrent la tâche des bricoleurs pour le montage des appareils nécessaires. L’appareil récepteur à galène avec la fameuse bobine « OUDIN » vint en vogue. L’amateur luxembourgeois A.R. (Aloyse Robert) publiait notamment en 1919 une brochure sur le montage d’un tel récepteur capable de recevoir les signaux Morse des grandes stations européennes sur ondes amorties.
Bien qu’en 1915 les professionnels eussent déjà réussi en France et ailleurs des communications radiotéléphoniques remarquables, l’amateurisme devait se contenter d’abord des messages en Morse. En octobre 1916 un émetteur et un récepteur à lampes étaient en démonstration par les amateurs à la Iowa State Fair : En Europe par contre, dû à la première guerre mondiale, les amateurs avaient arrêté leurs essais pour la durée des hostilités. Les bricoleurs connurent toutes les phases de l’évolution des récepteurs jusqu’à l’avènement des ondes entretenues, produites surtout à l’aide des nouveaux tubes à vide qu’on réussissait parfois à se procurer alors à prix d’or, si on ne se contentait pas du « ticker » à la réception.
Depuis l’avènement des tubes triodes date l’essor vraiment prodigieux de la radio. Dans tous les pays d’Europe des groupements d’amateurs s’étaient formés. A Luxembourg, le Radio-Club se constitue en 1920 et se donna pour comité MM. Weckering, Wolff, Mueller, Gillen et Lagrange. Tous les vrais fervents de la radio commencèrent à y affluer. On apprit à se connaître et à collaborer dans les recherches. Des essais méthodiques furent entrepris et les résultats discutés. On suivait ardemment les travaux des amateurs à l’étranger. Dès 1919 (c.-à-d. à la reprise de l’activité après la guerre mondiale) les amateurs s’étaient installés dans de nombreux pays aux environs de 200 m de longueur d’onde pour faire de l’émission. En juillet 1912 une conférence internationale des télécommunications avait abandonné les ondes inférieures à 200 m au service amateur parce que l’on était tellement sûr que cette gamme de fréquence ne présentait aucun intérêt. Car d’après la sacro-sainte formule d’AUSTIN-COHEN, internationalement reconnue, il était mis en évidence que les longueurs d’ondes inférieures à 1000m ne pouvaient porter à une distance notable.
Les amateurs prouvèrent bien vite le contraire ! En effet, l’idée de traverser l’Océan Atlantique, un vrai défi à l’époque, fut émise pour la première fois peu après la fondation de l’ARRL par Hiram Percy Maxim. Juste avant la guerre Louis Pacent présenta un projet en ce sens. En 1919 M.B. Sleeper, éditeur de Everyday Engineering, fut à l’origine d’un autre projet fort élaboré. Quand en 1920 M. Sleeper se trouva dans l’obligation de cesser les activités de Everyday Engineering, il s’adressa à l’ARRL pour qu’ils poursuivent le projet. Ainsi, le 3 et 5 février 1921, les quelque deux douzaines d’amateurs américains transmettaient en direction de l’Europe. Plus de 250 écouteurs anglais essayèrent en vain de les entendre. Comme ils utilisaient tous des récepteurs régénératifs qui rayonnaient, ils se bloquaient mutuellement. A cette difficulté s’ajoutaient les harmoniques émises par les stations commerciales, un haut niveau de parasites en provenance de l’équipement électrique ainsi qu’une incertitude de calibrage. Une deuxième série d’essais fut prévue pour la fin de l’année 1921. Le comité directeur de l’ARRL décida d’envoyer à cette fin un expert en matière de réception en Angleterre. Paul F. Godley, 2XE, fut sélectionné pour cette tâche et doté de l’équipement le plus perfectionné de l’époque et s’embarqua sur le Aquitania pour l’Angleterre. Il gagna l’Ecosse et en bordure de la mer sur le Androssa Moor une tente fut érigée dans le brouillard et l’humidité. Vers minuit du 7 décembre l’installation fut complète et les premières stations à ondes longues furent entendues. Le log-book de 2XE se lit comme suit: «At 1:33 A.M. picked up a 60-cycle synchronous spark at about 270 meters, chewing rag. Adjusted for him, and was able to hear him say ‚CUL‘ and sign off what we took to be ‚IAEP‘; but atmospherics made sign doubtful ;… That this was an American ham there was no doubt!… His signal had doubled in strength, and he was booming through the heavy static and signed off clearly 1AAW, at 1:42 A.M.» La première réception d’un signal amateur en provenance des Etats-Unis en Europe fut chose faite et l’affaire était d’importance. L’attention des spécialistes, techniciens radioélectriques de métier, fut éveillée : car à quoi bon des kilowatts sur ondes de 10000m si une, deux ou trois centaines de watts sur ondes courtes pouvaient suffire pour obtenir le même résultat ! L’amateurisme en radioélectricité avait eu gain de cause et le monde professionnel ne pouvait plus nier sa valeur.
A Luxembourg les amateurs d’alors, tels que 1JW, 1AS, 1AG, 1AW (1JW Jean Wolff, 1AS Dr Auguste Schumacher, 1AG Greg. Gillen, 1AW Math. Wagner) prenaient une part active dans les essais internationaux et maint DX remarquable fut réalisé pendant des nuits sans sommeil passées auprès de leurs postes. C’étaient d’abord les montages auto-oscillateurs qui étaient en vogue, suivis de près des montages à « maître-oscillateur ». On s’attaqua à l’émission téléphonique dès 1920/21 en commençant par les procédés de modulation les plus simples consistant simplement dans l’intercalation du micro à charbon dans l’antenne, ou encore à l’aide d’un micro avec une self couplée à la self d’émission ! C’est à cette époque (1920-21) que remontent les premières liaisons en téléphonie entre les amateurs Wolff, Schwinnen, Mitten et Gillen.
Mais le continent US n’avait pas encore entendu un signal en provenance de l’Europe. Les Américains lancèrent une grande campagne de tests transatlantiques durant l’année 1922. Et les résultats de cette campagne montrèrent que 316 stations US furent entendues en Europe, mais aussi quelque 20 stations américaines avaient entendu des stations européennes dont notamment 8AB de France, 5WS et 2FZ de Grande-Bretagne. Il ne restait donc plus que la première liaison bilatérale à réaliser. Un premier essai en ce sens échoua en janvier 1923. Alors 8AB, Léon Deloy de Nice s’embarqua pour les Etats-Unis, consulta tous les experts, tel John L. Reinartz, 1QP-1XAM, et s’équipa du matériel le plus sophistiqué. De retour chez lui au début de l’automne il assembla sa station et la testa avec 20D. Par télégramme il avisa Schnell qu’il émettrait le 25 novembre entre 21 et 22 heures sur une longueur d’onde de 100m. Dès le début il fut reçu et le soir suivant il reprit ses émissions pour transmettre deux messages. Une adresse de salutation des amateurs français aux amateurs US et l’annonce d’une tentative de contact bilatéral pour la soirée suivante. Dans la nuit du 27 novembre 1923, sur le coup de 21h30, on l’entendit appeler, et ayant transmis son message il demanda la confirmation. 1MO et 1XAM lancèrent leur appel et 8AB revint pour demander à Reinartz de rester à l’écoute et il transmit alors le message suivant à Schnell: «R R QRK UR SIGS VY ONE FOOT FROM PHONES ON GREBE FB OM HEARTY CONGRATULATIONS THIS IS FINE DAY MIM PSE QSL NR 12». Il s’adressa alors à Reinartz et continua son entretien avec lui. Ainsi fut franchi l’Océan Atlantique, une barrière de plusieurs milliers de km, par des radio-amateurs. Vu les moyens disponibles et mis en œuvre à l’époque de cette liaison, on comprend facilement le retentissement que connut cette affaire non seulement dans la presse-amateur.

Emetteur 10, 41 et 32m en 1924

Emission en télégraphie au laboratoire de physique de l’école Industrielle et Commerciale en 1919
La nouvelle de cet exploit fit rapidement le tour du monde amateur et fut un excellent stimulant pour tous pour tenter à leur tour d’égaliser cette réalisation. 1JW se fit entendre outre-Atlantique en décembre 1923. En 1923/25 quelques livres techniques sur l’émission d’amateur (les publications du regretté amateur Jos. ROUSSEL, de la Société Française de T.S.F.) furent littéralement dévorés par les intéressés de même que tout article afférent paru dans les revues techniques d’alors.
Les amateurs les plus avertis de cette époque se rendirent compte que le trafic international et intercontinental ainsi que les progrès réalisés un peu partout nécessitaient une plate-forme à l’échelle la plus vaste. La coordination des essais et la publication des résultats obtenus, la dissémination des progrès de la technique, la standardisation du mode opératoire et la défense des intérêts des amateurs exigeaient une organisation supranationale.
Hiram Percy Maxim prit l’initiative de rencontrer en mars 1924 à l’Hôtel Lutetia à Paris des OM de France, Grande-Bretagne, Belgique, Suisse, Italie, Espagne, Luxembourg, Canada, et USA pour discuter avec eux des problèmes auxquels les amateurs étaient et seraient confrontés. Des plans pour une organisation internationale furent ébauchés. L’année suivante, du 14 au 19 avril, dans les bâtiments de la Sorbonne, quelque deux cent délégués de 23 nations, dont le Luxembourg représenté par 1AS, 1JW et 1AF, se réunirent en assemblée constitutive pour fonder la International Amateur Radio Union et élurent comme premier président Maxim, qui était également président de la ARRL. Maxim, esprit brillant, clairvoyant et inventif, fut un homme de la trempe de ceux qui font bouger les choses. Depuis 1914 président de l’ARRL, fondateur de la QST, il apporta toute l’expérience requise pour faire grandir dans les meilleures conditions ce nouveau-né.
A défaut d’organisations nationales dans la majeure partie des pays, l’IARU recrutait aussi des adhésions individuelles. Toutefois ce mode fut abandonné au fur et à mesure que les organisations nationales se mirent en place.
Au cours de son évolution l’IARU adapta sa structure à celle de l’ITU (International Telecommunication Union) en créant trois régions regroupées sous IARU Headquarters. La Région 1, dont nous faisons partie, et qui englobe l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient ; la Région 2 avec l’Amérique du Nord et du Sud ainsi que la Région 3 avec l’Asie et l’Australie. Ces trois Régions organisent tous les trois ans leur conférence pour résoudre les problèmes qui se posent, pour parfaire leur organisation interne, et les membres du comité exécutif sont élus à cette occasion.

Emetteur pour essais transatlantiques en 1923 On remarque au premier plan les générartrices rotatives de HT
De tous ceux qui furent présents lors de la fondation de l’IARU en 1924 et 1925 il en restaient encore deux en 1987, à savoir: Dr Giulio Salom 1 O ACL, actif au départ de ses maisons de Venise et de Rome. Physicien et avocat de formation, il a fait pendant 30 ans sa carrière professionnelle dans la marine nationale italienne et à 84 ans se réjouit d’une fort bonne santé. Plus près de nous il y a Jean-Bernard Wolff, LX1JW, qui lui aussi était encore fort actif. Ingénieur de formation il a passé sa vie professionnelle dans l’Administration des P. & T. avec un passage comme conseiller dans l’armée US. Amateur de la première heure et ayant représenté le RL à de nombreuses conférences internationales et autres manifestations amateurs il est devenu une source de connaissances de la radio et du monde amateur. Comme l’a écrit Richard L. Baldwin, président de l’IARU, dans son éditorial au QST à l’occasion du soixantième anniversaire de l’IARU: «The other 1ARU pioneer is Jean Wolff, LX1JW, who is a familiar figure at Amateur Radio meetings throughout Europe and in the USA». En 1983, en reconnaissance de ses mérites la «Quarter Century Wireless Association has elected J.B. Wolff, LX1JW, to QCWA Hall of Fame in recognition of his life-long dedication to the welfare of the International Amateur Radio Community».
En 1926/28 enfin le microbe de l’émission était inculqué à quelques jeunes dont les indicatifs 1AB, 1AO, 1AH, 1AI, 1AG, 1AE, 1AL (1AB W. Berger, 1AO J.Oswald, 1AH Antoine Huberty, 1AI J. Kessler, 1AG G. Gillen, 1AE Ph. Ensminger,1AL H. Manderscheid) se faisaient entendre à côté de ceux des seniors cités plus haut. C’était partout le montage «MESNY» qui primait alors, puisqu’il était capable de donner un rendement haute fréquence remarquable pour les tubes utilisés. (406 le plus souvent !) Les longueurs d’ondes en usage étaient échelonnées sur la bande des 40m et 80m. Presque tous ces OM utilisaient la modulation Beauvais pour leurs essais en téléphonie.
Les amateurs de cette époque utilisèrent au Luxembourg le préfixe de nationalité 1, en Grande-Bretagne ce fut 2, 5 et 6, les Allemands 4, les Français 8, les Danois 7 et les Hollandais 0. Lors de la réunion à Paris de l’IARU on se rendit compte que c’était devenu insuffisant et les Luxembourgeois adoptèrent alors la lettre L comme préfixe de nationalité. La conférence internationale de l’ITU en 1927 à Washington décréta une première liste de préfixes de nationalité. Le préfixe du Grand-Duché EX fut dans la suite successivement changé d’après les conventions internationales d’abord en UL, puis en LX encore aujourd’hui en usage.
C’était toujours l’ancien Radio-Club de 1920, devenu maintenant l’Association Luxembourgeoise des Amis de la T.S.F. (A.L.A.T.S.F.) qui fut le noyau groupant les émetteurs luxembourgeois. Déjà en 1930 les amateurs-émetteurs manifestèrent leur vitalité en participant brillamment à la 11e Exposition Internationale de T.S.E et des Industries Annexes, organisée par l’Association Radio-Luxembourg sous le haut patronage de S.A.R. le Prince Félix, dans les vastes salles du Cercle Municipal à Luxembourg. Malgré la défense d’émettre lancée par le Gouvernement par la loi du 19 décembre 1929, on pouvait y admirer des postes d’émission et de réception complets sur ondes courtes (20-40-80 m) exposés notamment par 1AS, 1AB, 1AC….
Au sein de l’A.L.A.T.S.E le besoin s’était fait sentir de rallier plus étroitement les amateurs-émetteurs luxembourgeois pour une collaboration fructueuse, et c’est ainsi que l’idée prit corps de créer une commission chargée d’élaborer tous les détails nécessaires pour un groupement éventuel des amateurs-émetteurs.
Cette commission se composait entre autre de 1AB, 1AC, 1AI, 1AL.(1930). Il fut envisagé de créer d’abord une section «d’ondes-courtistes» au sein del’A.L.A.T.S.E, laquelle était destinée à constituer plus tard le point de départ pour un «Réseau des Emetteurs Luxembourgeois». Tous les OM luxembourgeois précités et un certain nombre de postes d’écoute s’étaient fait inscrire pour la section «ondes-courtistes». 1JW fut agréé comme QSL-manager.
1930 vit aussi la naissance du « Radio Club des Etudiants Sans-Filistes ». L’apothéose de la vie éphémère de ce club fut la démonstration en public d’un projecteur de film sonore conçu et réalisé par Léon Bernard et son frère en 1932. Cette démonstration avait épuisé les fonds de ce club qui ne survit pas à cet effort. Léon Bernard, père de LX1BD, devint par la suite Ingénieur en Chef de la Division Technique des P. & T tandis que son frère se destina au clergé.
1931 fut encore l’année de création de la « Fédération Nationale Luxembourgeoise des Associations Radiophiles » (F.N.L.A.R.), et cet organisme avait inscrit sur son programme entre autres la défense des intérêts des amateurs émetteurs luxembourgeois.
En janvier 1931 le mouvement des « ondes-courtistes » avait déjà pris assez d’ampleur de sorte qu’il fut décidé qu’une section d’amateurs-émetteurs sur ondes courtes sous la présidence de 1AS serait affiliée à la F.N.L.A.R. C’était le futur Réseau des Emetteurs Luxembourgeois R.E.L.
La même année une délégation de ce groupement avec UL 1AS comme représentant des OM luxembourgeois était reçue en audience par Mr le Directeur-Général DUPONG pour lui exposer entre autres la situation des amateurs émetteurs au Grand-Duché après la promulgation de la loi du 19 décembre 1929.
L’A.L.A.T.S.E, qui groupait tous les OM d’alors, lançait donc au début de1933 une circulaire imprimée qui fut envoyée à tous les Radio-Clubs du pays et à tous les OM luxembourgeois connus en dehors de la ville de Luxembourg, les invitant notamment à se grouper pour former le «Réseau des Emetteurs Luxembourgeois» dont la création avait effectivement eu lieu déjà en 1932, au cours d’une réunion de divers OM dans une salle de l’École Industrielle et Commerciale à Luxembourg, lors d’une visite du studio de 1AG. Figuraient comme membres fondateurs: 1AS président, 1JW QSL-manager, 1JS secrétaire; membres: 1AG, 1AB, 1RS et le président du Radio-Club de Dudelange n’ayant pas d’indicatif (Mr.Mart). (1JS J. Simon, 1RS R. Stein).
Malheureusement le groupement créé avec tant de bonne volonté était condamné à l’impuissance tout d’abord parce qu’aucune réponse à la circulaire annonçant la création du R.E.L. ne parvenait au secrétaire 1JS de la part des différents Radio-Clubs du pays. Tout le réseau ne comprenait alors que 10 membres-émetteurs dont plusieurs n’avaient même de l’émetteur que l’indicatif ! Les postes d’écoute ne manifestaient de même aucune intention d’adhérer au Réseau. Il apparut de plus qu’un groupement dépendant plus ou moins de la grâce d’une autre association, l’A.L.A.T.S.E en l’occurrence, au sein de laquelle il était formé, ne pouvait avoir d’attrait pour des OM résidant hors de la ville de Luxembourg.
De plus la F.N.L.A.R. dont le programme était bien chargé avait eu des difficultés intérieures, et la question des amateurs-émetteurs reculait toujours au dernier rang des affaires à traiter, vu qu’il ne s’agissait que d’un nombre minime d’OM concernés. N’oublions pas que le nombre d’amateurs résidant en dehors de la ville de Luxembourg, et n’ayant pas adhéré au REL, ne pesaient probablement pas dans les considérations de la F.N.L.A.R. Outre le Radio-Club de la ville de Luxembourg il y avait des organisations pareilles et fort actives dans les localités suivantes : Esch-Alzette, Dudelange, Rumelange, Tétange, Schifflange, Bettembourg, Diekirch. Là où il n’y avait pas de Radio-Club, les amateurs devaient se débrouiller tout seul. Ce fut par exemple le cas de Differdange avec les amateurs Schwinnen, Ripp et Mitten. Le Radio-Club de Esch-Alzette avait pour président le prof. Biltgen, père respectivement grand-père de Raymond Biltgen LX1RB et Jean-Paul Biltgen LX1JO.
En février 1933 Radio-Luxembourg, poste de Junglinster, commençait ses émissions avec 200 kW antenne, forçant tous les amateurs à réviser la sélectivité de leurs appareils récepteurs, de sorte qu’alors le BCL primait toutes les autres affaires. Ensuite la question des perturbations radiophoniques prenait de l’importance. Tous ces faits, avec d’autres encore, absorbaient l’attention des amateurs et les détournaient un peu de l’émission. Cependant les QSO locaux continuaient toujours et le contact était ainsi assuré du moins entre les OM de la ville de Luxembourg.
Vint enfin le « 1″ Salon International de TSF » à Luxembourg que la F.N.L.A.R.avait organisé en novembre 1933. Quelques belles réalisations d’émetteurs et de récepteurs d’OM luxembourgeois y étaient exposées par 1AS, 1AB,1AO, 1RS. L’attention du monde des amateurs fut encore une fois éveillée à l’occasion d’un essai d’émission-réception en duplex 1RS et 1AB organisé en démonstration publique lors d’une conférence expérimentale de UL1RS sur ondes courtes dans la grande salle du Lycée de Jeunes Filles à Luxembourg-Ville. 1RS avait monté tout son matériel OC dans la salle de conférence même et travaillait sur 80m ; à son tour1AB était à son QRA et travaillait sur 40 m; tous les deux utilisaient le montage « MESNY » puissance HF 1 à 2 watts environ. Le résultat pratique de cet essai en public fut que quelques jeunes amateurs BCL, dont la curiosité fut éveillée, s’intéressaient maintenant à l’émission d’amateur, et on entendit bientôt des indicatifs nouveaux sur l’air tels que : 1MS, 1AP, 1I0, 1CJ. (1MS Dr H. Sadler, 1AP A. Huberty, 1I0 A. Brasseur, 1CJ Ch. Staudt).
Entre-temps les anciens OM luxembourgeois, marchant avec le progrès de la technique, avaient équipé leurs émetteurs avec des étages pilotés à cristaux de quartz, et les jeunes ne tardaient pas à faire de même. Les montages auto oscillateurs furent abandonnés. Aux QSO locaux se substituaient bientôt les liaisons avec l’étranger, et c’est ainsi qu’en 1935/36 l’éther était ébranlé par beaucoup d’OM luxembourgeois lançant fièrement le préfixe LX avec leurs indicatifs dans l’espace. Tous les montages émetteurs étaient maintenant équipés avec de vrais tubes d’émission de provenance américaine qu’on pouvait se procurer bien meilleur marché et en plus grand nombre que les tubes européens. C’était aussi le moment où tous les bons récepteurs BCL comportaient également une gamme d’ondes courtes. A la suite d’écoutes régulières des essais d’OM LX, quelques BCL vinrent se joindre au rang des amateurs faisant de l’émission sur ondes courtes. Si auparavant la ville de Luxembourg était pendant longtemps le centre des émetteurs LX, on en rencontrait maintenant un peu partout dans tous les cantons du pays.
Cependant la F.N.L.A.R., qui avait toujours au programme la question de l’émission d’amateur dans notre pays, n’avait pas eu les résultats escomptés avec ses démarches., peu nombreuses il est vrai, effectuées auprès des autorités. La nécessité se faisait de plus en plus sentir de donner plus de vigueur au « Réseau des Emetteurs » qui n’existait plus à vrai dire que sur le papier. Le service de relais des QSL donnait lieu à maintes réclamations à cause de son fonctionnement irrégulier.
En janvier 1937 un événement fâcheux se produisit. L’OM 1JB (J. Brix), à qui on ne pouvait reprocher que d’avoir trop usé du PU pour faire des émissions genre BC, fut traduit en justice et condamné. Car il ne faut pas oublier : d’après les textes de lois en vigueur l’émission d’amateur était prohibée. Il paraît que la police intervint à la suite d’une réclamation d’un pays voisin contre une émission régulière d’un poste communiste clandestin qu’on supposait fonctionner en territoire luxembourgeois. Il est inutile de dire que la police ne put maintenir son soupçon que 1JB était l’auteur de ces émissions, mais néanmoins cet OM fut condamné pour infraction à la loi du 19 décembre 1929 sur l’émission radioélectrique. Ce qui est plus grave encore, c’est que la F.N.L.A.R., à laquelle 1JB avait fait appel pour intervenir en sa faveur, ne bougea pas et laissa 1JB se débrouiller tout seul. Elle se contentait de lancer la consigne de cesser dorénavant toute émission jusqu’à ce qu’une régularisation de la question de l’émission d’amateur fût intervenue.
L’activité des OM d’émettre cessait effectivement pendant plusieurs mois à la suite de l’incident 1JB. Mais en face de la carence de la F.N.L.A.R. en matière d’émission d’amateur et à cause du mauvais fonctionnement du QSL-relais, un mouvement séparatiste s’était formé parmi les jeunes OM qui se sentaient toujours un peu tenus à l’écart par les vieux. Un comité provisoire invitait quelques intéressés le 27 février 1937 à une réunion où les OM 1AC, 1AI, 1AO, 1I0, 1JB, 1MS, 1CJ, 1AR, 1RS, 1TW étaient présents. A la suite de cette réunion tous les OM LX connus reçurent en mars 1937 une convocation pour une assemblée des amateurs-émetteurs du Grand-Duché. 15 OM de différentes contrées du pays y avaient répondu. Etaient présents à l’assemblée : 1AB, 1BA, 1AI, 1AP, 1AO, 1AM, 1MS, 1RS, 1CJ, 1JB, 1AD, 1MJ, 1I0, 1AC, 1TL. Cette assemblée constitutive se déroula au « Café du Parc », Av. Monterey en face de l’Hôtel des Postes.
C’est au cours de cette assemblée, le 7 mars 1937, que la création d’un réseau LX autonome et indépendant de tout autre groupement eut lieu. Il fut décidé qu’il porterait le nom de « Réseau Luxembourgeois des Amateurs d’Ondes Courtes » (R.L.). Tous les OM précités sont donc à considérer comme membres-fondateurs du nouveau R.L. définitif. On offrit le titre de président au senior des OM LX: LX1AS. Mais celui-ci en sa qualité de président de la F.N.L.A.R. refusa. C’est alors que le R.L. trouva en la personne de LX 1TW un excellent président, dévoué entièrement à la cause de l’amateurisme en matière d’émission OC dans le Grand-Duché.
LX 1 AB
En confirmation de ce qui précède nous reproduisons le texte de la lettre circulaire lancée début 1933 pour inviter les OM à se regrouper au sein du R.E.L.
Réseau des Emetteurs Luxembourgeois R. E. L.
Luxemburg, den 13. Januar 1933
Rundschreiben
Die I.A.R.U. (International Amateur Radio Union) West Hartford, Conn. U.S.A. wünscht einige Angaben über die Amateur-Kurzwellenbewegung in Luxemburg, und sie will einen kurzen Bericht (und womöglich illustriert) hierüber in ihrem offiziellen Organ OST veröffentlichen.
Da ich nun in brieflicher Verbindung mit dieser Vereinigung stehe, habe ich mir die Aufgabe übernommen, ein entsprechendes Manuskript zusammenzustellen, um es an die Zeitschrift OST zur Veröffentlichung weiterzuleiten. Es wäre dadurch die Aufmerksamkeit aller Kurzwellenamateure in der ganzen Welt auf die UL Rufzeichen gelenkt, was gewiss manchen interessanten DX Verkehr nach sich ziehen würde.
Ich wäre Ihnen deshalb sehr verbunden, falls Sie mir kurze Angaben über folgendes geben könnten.
- Sind Ihrem Verein Kurzwellen-Sendeamateure angeschlossen? (Name und Rufzeichen dieser Amateure angeben.) Kurze Senderbeschreibung mit Schema und womöglich Foto der Sendeanlage (Foto mit doppelter Ausfertigung erbeten, Mindestformat 6 x 6 cm).
- Welche Leistung in Watt hat der Sender? Welche Sendelampen werden verwendet? Welche Anodenspannung? (Lichtnetz oder Batterie)
- Welche Antennenform wird gebraucht?
- Auf welcher Wellenlänge wird gewöhnlich gearbeitet?
- Welches ist die größte erzielte Reichweite des Senders:
a) in Telegraphie
b) in Telefonie (Modulationssystem angeben)
- Während welchen Tagesstunden wird gewöhnlich gearbeitet
a) in Telegraphie
b) in Telefonie (Angabe der jeweiligen Wellenlänge)
- Kurze Angaben über die benutzten Kurzwellen-Empfänger, (eventuell Schaltschema beifügen).
- Kurzer historischer Überblick über die Tätigkeit der Station. (Seit welchem Jahr ist die Station in Betrieb? Welche interessanten DX-Verbindungen sind im Laufe dieser Zeit getätigt worden? usw. usw)
Die Antwort auf vorstehende Punkte erbitte ich bis spätestens Januar an meine untenstehende Adresse.
Gleichzeitig möchte ich Ihnen mitteilen, dass in Luxemburg seit einiger Zeit ein Réseau des Emetteurs Luxembourgeois (R.E.L.) besteht, dem schon viele Luxemburger Kurzwellen-Amateure beigetreten sind. Im Interesse einer wirksamen Zusammenarbeit ersuchen wir alle Kurzwellen-Amateure dem R.E.L. beizutreten. Ein Mitgliedbeitrag wird bis jetzt nicht erhoben. Dem R.E.L. sollen nicht nur KW Sendeamateure beitreten, sondern auch KW-Empfänger: Jeder KW-Empfänger erhält ein offizielles Kennzeichen, wie dies auch im Ausland üblich ist, und kann sich also jederzeit ausweisen. (Als Beispiel die „Indicatifs en R“ in Frankreich und die DE Zeichen in Deutschland)
Wer meldet sich also als Mitglied des R.E.L. an? Morsekenntnis ist erwünscht, jedoch nicht erfordert. Hallo Kurzwellen-Amateure! Tretet vor. Wartet nicht erst, bis das Sendeverbot in Luxemburg aufgehoben ist. Es gibt auch empfangsseitig jetzt schon Interessantes zu tun.
Vergesst auch nicht, bis zum Januar spätestens Ihre Antwort auf meine Fragen einzusenden.
Siege social et secrétariat Mit besten Funkgrüßen.
AMIS DE LA T.S.F. Für den provisorischen Vorstand
Café Jacoby, Place de l’Etoile UL1JS
Luxembourg
Rappelons les indicatifs et noms des OM rentrés jusqu’ici :
1AS Dr. Auguste Schumacher, médecin, Luxembourg
1AG Greg. Gillen, appariteur, Luxembourg
1AW Math. Wagner, professeur, Diekirch
1JW Jean Wolff, ingénieur, Luxembourg
1AB Guillaume Berger, fonct. des Douanes, Luxembourg
1AO J. Oswald, Luxembourg
1AH Antoine Huberty, Luxembourg
1AI Jos Kesseler, ingénieur, Luxembourg
1AE Ph. Ensminger, contremaître, Dudelange
1AL H. Manderscheid, Dudelange
1AC C. Conrardy, employé, Luxembourg
1 RS R. Stein, Luxembourg
1JS J. Simon, Luxembourg
1MS Henri Sadler, méd. dentiste, Pétange
1AP Albert Huberty, Luxembourg
1IO André Brasseur, commerçant, Luxembourg
1CJ Charles Staudt, technicien, Luxembourg
1JB Joseph Brix, technicien, Luxembourg
1AR E. Feck, Luxembourg
1TW Antoine Wiltgen, professeur, Diekirch
1BA Alfred Berger, imprimeur, Luxembourg
1AM Nic Manderscheid, technicien, Diekirch
1 AD Ph. Diderich, Dudelange
1MJ Jos Mitten, Differdange
1TL Thilmany, Bonnevoie
Voilà les OM qui ont tous d’une façon ou d’une autre influencé les événements qui ont poussé une quinzaine d’entre eux à fonder le 7 mars 1937 le Réseau Luxembourgeois des Amateurs d’Ondes Courtes. Le facteur dominant dans le déclenchement de ce mouvement séparatiste semble avoir été l’affaire des émissions genre BC de J. Brix. Il existe de cette affaire quelques coupures de journaux qu’il vaut mieux reproduire ici, car si l’on se réfère à un Josef Brix on donne par contre l’indicatif LX1JT.
En date du 13 février:
Luxemburger Versuchssender. Seit einiger Zeit kann man auf Welle 41 Meter einen neuen Versuchssender hören. Dieser Sender nennt sich Luxemburger Kurzwellen Versuchssender mit Kennzeichen L.X.1.J.T. und sendet Schallplatten zu ganz unbestimmten Stunden. Seine Sendungen, die an Stärke Radio Luxemburgvielleicht noch übertreffen, sagt er in Luxemburger Sprache an, eine recht angenehme Abwechslung auf dem 40 Meter Band. Laut eigenen Aussagen soll dieser Sender sich in der Bahnhof-Avenue befinden.
A une date inconnue au Luxemburger Wort:
ln kurzen Worten. Ein Funkamateur schreibt uns: ln Ihrer Samstagnummer berichten Sie über einen Luxemburger Versuchssender mit angeblich rechtangenehmer Abwechslung „sur la bande des 40 m“.
Diese, wenn auch mustergültige Versuchssendungen sind leider nicht geeignet, den Kredit Luxemburger Amateursender in günstiges Licht zu stellen, handelt es sich doch bei LX-1JT, bewusst oder unbewusst, um Rundfunkdarbietungen, die bekanntlich nicht in die Amateurbänder gehören. Werden wir uns bald hier zu Lande einer diesbezüglichen Reglementierung erfreuen können? Quousquetandem P. LT LT? Auch ein LX.
Et sous la date du 24 février dans un journal inconnu :
Mühlenweg-Hollerich, 24. Febr. Dieser Tage gelang es den Behörden, einen regelmäßig an bestimmten Wochentagen abends um 9 Uhr tätigen Kurzwellensender in einem Hause zu Mühlenweg festzustellen. Es handelt sich um eine harmlose Experimentieranlage, die der junge Elektrotechniker Josef Brix sich zugelegthatte.
La loi du 19 décembre 1929 dit dans son art. 2.: La mise en œuvre non autorisée d’un poste d’émission existant, l’établissement sans autorisation d’un poste nouveau ainsi que les infractions au cahier des charges seront punis d’un emprisonnement de 8 jours à 6 mois et d’une amende de 500 à 20000 fr ou d’une de ces peines seulement.
Le tribunal pourra ordonner en outre la destruction de ces postes, sans que l’intéressé ait droit à une indemnité et sans préjudice du droit de l’Etat de réclamer des dommages-intérêts s’il y a lieu.
Nos sources ne révèlent pas la peine infligée à l’OM Brix mais il a risqué gros. Toujours est-il que cette malheureuse histoire ne l’a pas dégoûté de l’amateurisme car il a assisté à l’assemblée du 7 mars et s’est fait régulièrement inscrire au RL en date du 1″ avril 1937.
Le RL fondé le 7 mars s’avéra un nouveau-né d’une vitalité exemplaire et l’équipe 1TW Ant. Wiltgen, président, 1AI J. Kesseler, secrétaire, 1AP A. Huberty, trésorier, 1RS R. Stein, QSL-manager et Me. C. Schroeder, conseil juridique, se mirent au travail. Le bulletin QSL No 1 de l’année 1 sortit en avril pour communiquer aux membres la composition du comité, la cotisation pour l’année en cours (20 fr), la taxe pour le service QSL (15 cts par carte) ainsi que les modalités du service QSL et enfin pour annoncer que le prochain numéro du QSL verrait la publication des statuts du RL. Le No 2 paraît déjà en mai et souhaite la bienvenue aux nombreux OM LX qui ont rallié le RL depuis sa fondation. 90 % des OM LX sont actuellement inscrits au RL. Une première partie des statuts est publiée et la deuxième partie paraît au No 3 en juin. Dans ce même No 3 on demande de communiquer la fréquence du ou des cristaux de quartz en service chez les OM, ceci afin de pouvoir conseiller ceux qui se proposent d’en acquérir et d’éviter ainsi que deux ou plus d’OM se retrouvent sur la même fréquence. Mais on se réjouit aussi que les amateurs d’ondes ultra-courtes du Radio Club de Dudelange aient rejoint le RL. Ces ondes ultra-courtes de l’époque furent la bande 56 à 60 MHz et il y avait 6 OM à Dudelange qui s’en occupaient. Cette « onde des 5 m », comme on l’appelait alors, semble avoir été la chasse réservée des amateurs de l’avant-garde du progrès technique. L’on ne peut que tirer son chapeau devant le cran de ces OM. En effet les tubes qui convenaient à ces fréquences étaient fort chers et n’étaient disponibles qu’aux Etats-Unis. Des autres pièces détachées il vaut mieux ne pas parler ; il n’y avait à l’époque aucun magasin pour ce matériel au Luxembourg. La littérature faisait également défaut, voilà pourquoi le secrétariat du RL s’occupait des abonnements au « QSO Belge » pour les OM LX. Alors comme aujourd’hui, les OM dont le champ d’activité se situe aux confins de la technique du moment, sont une race à part ou des amateurs qui répondent exactement et complètement à la définition du radio-amateur.
Le QSL No 4 d’août 1937 publiait la liste des fréquences des cristaux de quartz des OM LX.
LX 1AB de Luxembourg : 3575 kHz; 7100 kHz
LX 1AI de Luxembourg : 3592 kHz; 7016 kHz
LX 1AP de Luxembourg : 3550 kHz
LX 1AZ de Dudelange : 3600 kHz
LX 1BA de Luxembourg : 3600 kHz; 7120 kHz
LX 1CJ de Luxembourg : 3580 kHz; 7089 kHz
LX 1MS de Pétange : 3554,5 kHz; 7018 kHz
LX 1RS de Luxembourg : 7129,6 kHz
LX 1SM de Differdange : 7041 kHz
LX 1TW de Diekirch : 3549 kHz
Dans le récit que nous venons de faire il manquent deux indicatifs qui furent publiés au Call-Book de 1923 à savoir:
UL1AA François Anen, Luxembourg
UL1AF J. de la Fontaine, Luxembourg.
Bien que M. Anen se soit attribué un indicatif amateur, ses activités ne furent pas celles d’un amateur au sens que nous l’entendons aujourd’hui. Il y a lieu de croire qu’à l’époque ce terme désignait tous ceux qui n’étaient pas, ou pas encore, des professionnels de la radio. Monsieur Anen s’orienta vers la radio commerciale et ses activités eurent certainement pour conséquence d’élargir le cercle de ceux qui faisaient des essais de réception d’autant plus que son magasin leur offrit des pièces détachées dont ils avaient besoin pour réaliser leurs postes. Mais combien sont-ils qui par la réception sont venus à l’émission ? Nous pouvons donc considérer M.Anen comme le premier Luxembourgeois qui faisait de l’émission commerciale dans notre pays et en tant que tel il a sa place dans le tableau que nous nous sommes proposés de brosser de la situation radio dans notre pays. D’après la convention radiotélégraphique internationale de Washington (1927) les stations expérimentales d’émission d’amateur sont définies comme suit :
« Le terme station expérimentale privée désigne
1. une station privée destinée à des expériences en vue du développement de la technique ou de la science radioélectrique
2. une station utilisée par un ,amateur‘, c.-à-d. par une personne s’intéressant à la technique radioélectrique dans un but uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire ».Dans le «Journal Périodique d’Information de la Société s.b.l. pour la Propagation de la Radiophonie dans le Grand-Duché » No 1 XII Année en date du30 septembre 1946 nous retrouvons sous l’entête «Historique de l’Association Radio Luxembourg» ce qui suit:
«L’Association Radio Luxembourg fut fondée par un nombre de fervents de la TSF lorsque M. François Anen (fils de notre trésorier M. Aloyse Anen) fit, après des essais qui datent aujourd’hui de 23 ans, ses premières émissions régulières, qui lui rapportèrent les encouragements et les félicitations de tous les pays d’Europe.
L’Association se chargeait de l’organisation de concerts, de conférences etc., en un mot s’occupait de la mise sur pied et de la confection des programmes de ce petit poste luxembourgeois qui émettait au début avec une puissance de 30 W, portée un peu plus tard à 100 W, sur une longueur d’onde de 219 m. Le studio se trouvait à la maison Anen, 28 rue Beaumont à Luxembourg. »
Dans le même périodique No 2 de la même année et en date du 22 novembre1946 nous trouvons un autre article d’un intérêt tout particulier pour les amateurs. L’article, malheureusement pas signé, que nous allons reproduire in extenso s’intitule : Les Débuts des Emissions-Amateurs au Grand-Duché de Luxembourg. (Nous renvoyons le lecteur à ce qui fut dit plus haut au sujet du terme amateur.)
Citation :
« Il y a 23 ans, un jeune luxembourgeois, vrai bricoleur en matière radiophonique, commença vers le milieu de l’année 1923 avec ses essais d’émission de télégraphie sans fil sur ondes courtes, sans toutefois se douter qu’il posa avec ses émissions la première pierre du fondement sur lequel reposent les émissions radiophoniques au Grand-Duché de Luxembourg.
Sans vouloir faire atteinte à sa modestie bien connue, nous relevons que cet amateur-bricoleur est Monsieur François Anen, en ce temps le copropriétaire de la maison Aloyse Anen Fils, rue Beaumont, 28 à Luxembourg (qui déjà en ce moment vendait du matériel radioélectrique). Après, M. Anen fît partie du personnel technique de la Cie Luxembourgeoise de Radiodiffusion.
En décembre 1923 on se disait dans le milieu des amateurs-bricoleurs que le premier poste-émetteur-amateur luxembourgeois d’essai de M. Anen émettrait dans les premiers jours sous le signe d’appel L-O.A.A. avec une énergie de 50 W sur l’onde de 220 m. Ces émissions eurent un succès retentissant et des confirmations de réception parvenaient de tous les pays d’Europe.
Nous publions ci-après une lettre très intéressante, adressée à M. Anen par un Français, M. Deloy (8AB) de Nice, qui comme premier Européen avait réussi le26 novembre 1923 à faire une liaison bilatérale sur une longueur d’onde de 109 m avec les Etats-Unis d’Amérique.
Nice, le 25 janvier 1924.
Monsieur François Anen, L-O.A.A.
28, rue Beaumont, Luxembourg.
Monsieur,
En réponse à votre lettre du 19 crt il m’a été impossible d’écouter votre émission du 23, mais hier le 24 j’ai pu vous écouter étant chez Monsieur Fregard, secrétaire général de notre Club, qui possède un très bon poste récepteur en ville. Toute la réception a été faite avec une lampe HF, une détectrice et une basse fréquence.
A 21 h et quelques minutes je vous ai entendu m’appeler en télégraphie et transmettre. Nous transmettions ce soir seulement avec une lampe de 50 W (une lampe brûlée ce matin) sept dixièmes d’ampères antenne.
Ensuite vous êtes passé en téléphonie et je n’ai pu prendre par écrit ce que vous disiez, n’étant pas sténographe. Vous m’avez appelé disant : Allô, Monsieur Deloy à Nice et en me demandant de vous communiquer le plus rapidement possible le résultat de mon écoute de vos émissions des 23 et 24. Vous m’avez également félicité à nouveau pour mes récentes communications transatlantiques.
La réception était excellente et la modulation parfaite. Je vous félicite vivement d’obtenir d’aussi bons résultats avec si peu de puissance et serais heureux de savoir quel montage d’émission vous employez et en particulier si vous accordez votre antenne sur 225 ni ou si vous travaillez en apériodique.
Heureux si ces renseignements peuvent vous intéresser ; je vous prie de croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
Signé : Léon Deloy.
Comme suite aux nombreuses demandes concernant la construction et l’installation de son poste-émetteur, M. Anen publiait dans le « Journal des 8, Organe de liaison entre amateurs français et étrangers » la description suivante :
Pour répondre au désir de nombreux correspondants je décris dans le « Journal des 8 » mon poste-émetteur qui, depuis sa construction, a subi divers changements suivant diverses expériences concluantes qui m’ont fait adopter le montage suivant :
Mon antenne est constituée de deux fils de bronze écartés de 1,50 m, la longueur de chaque brin est de 100 mètres, sa hauteur est de 35 m à une extrémité et de 25 m à l’autre.
Le poste est situé à Luxembourg-Ville, Grand-Duché de Luxembourg.
L’émission se fait soit en télégraphie, soit en téléphonie.
Les premiers essais en phonie eurent lieu au début de janvier 1924, sur 400, puis 250 m. Deux lampes de 50 W montées en parallèle étaient employées ; les plaques alimentées par 900 V continu. Pendant ces premiers essais plus de 200 cartes ou lettres de QSL me sont venues de France, d’Angleterre, de Belgique, de Suisse, d’Italie, de Hollande et de Rhénanie.
M. Deloy de Nice, à qui j’avais demandé de m’écouter, m’informa que la puissance de mon émission était telle que la réception était possible casque sur table sur deux lampes seulement.
Je continuais donc mes essais avec une seule lampe de 50 W et M. Deloy me félicite pour les résultats obtenus avec si peu de puissance. J’avais 0,3 A dans l’antenne.
Quelques jours plus tard j’ai fait des essais avec trois lampes de réception (200à 300 V plaque). J’ai été reçu assez fortement en phonie par 8CT près de Bordeaux.
Mes essais en télégraphie sur 200 m me donnèrent des résultats satisfaisants, puisque j’ai reçu plus de 50 cartes QSL en quelques jours.
Je tentais donc de diminuer ma longueur d’onde, mais la limite extrême était de 140 m; les plaques alors chauffaient jusqu’au blanc et le thermique ne marquait plus rien. C’est alors que je supprimais la terre complètement et j’arrive ainsi à descendre à 105 m avec une même intensité antenne que sur 200 m avec terre.
On me signale mon émission reçue r8 sur 2 lampes surtout en Angleterre (ceci est dû probablement à l’orientation nord-ouest de mon antenne).
Je commençais alors des essais de portée à grande distance en répondant au cq d’un amateur finlandais (1NA) (mon intensité était de 0,25 A); 1NA me répond en accusant mes signaux qsa mais très stables.
Deux jours après à 1 heure du matin j’appelle à nouveau 1NA mais cette fois en intercalant en série de 800 V (secteur et accus) un convertisseur donnant 240 V; mon correspondant accuse encore qsa, note ronflée mais stable. L’intensité antenne était un peu supérieure, mais on me signale l’émission en «pure» plus puissante que la ronflée.
Après cet essai, je tente de traverser l’Atlantique, malgré de forts parasites, avec 0,3 A dans l’antenne. A mon appel, j’ai eu réponse de ARRL, accusant mes signaux assez forts ; je demande qra, mais au moment de l’écoute mes accus se déchargèrent brusquement ; j’ai pu néanmoins comprendre que mon correspondant était un navire croisant dans l’Atlantique à 1200 milles nord-ouest Irlande.
Fr. Anen (L-O.A.A.)
Dans la nuit du 23 au 24 décembre M. Anen établit à son tour la première liaison de téléphonie sans fil avec le service U.L.A.U.R. entre le Luxembourg etl’Amérique.
Ajoutons que le poste-émetteur de M. Anen fut renseigné par les journaux deTSF comme un des meilleurs postes-amateurs d’Europe.
C’était le bon vieux temps où nous écoutions les émissions avec un simple détecteur, sauf quelques privilégiés qui possédaient un appareil avec une ou deux lampes et qui captaient, munis du casque, entre 21 et 23 heures les émissions de la Tour Eiffel (F L. 2000 m), S.F.R. Radiola 1780 m, Koenigswusterhausen (L. P. H.200 m) et avec beaucoup de chance Londres (2LO).
A ce moment, en 1924, il y a donc plus de vingt ans, M. Fr: Anen prit la décision d’ériger un poste-émetteur luxembourgeois qui permettrait aux auditeurs d’écouter même avec ces appareils primitifs ses émissions. Relevons toutefois qu’il existait en dehors de ces récepteurs très modestes environ une centaine d’appareils de TSF très compliqués et très chers, qui permettaient l’écoute par hautparleur.
Le nouveau poste émettait pour la première fois en février 1925 sur 1200 m avec une puissance de .50 W et pour le début une fois par semaine.
Radio-Luxembourg était né !
Plus tard la longueur d’onde fut changée à 219 m, la puissance portée à 100 W et bientôt les émissions devinrent quotidiennes.
L’Association Radio-Luxembourg, qui avait été fondée entre-temps, s’occupait de la composition des programmes. Des musiciens, chanteurs, conférenciers, speakers etc., tous des volontaires, rivalisaient pour rendre les programmes aussi attrayants que possible. Les représentations du Théâtre Municipal, les concerts de la Place d’Armes et quelquefois les émissions intéressantes d’autres postes européens furent retransmises. Le poste-émetteur et le studio se trouvaient à la maison Anen, 28 rue Beaumont à Luxembourg.
Sans que ce poste fût un émetteur reconnu par l’Etat luxembourgeois, c’est à-dire qu’il ne possédait que le caractère d’un poste-émetteur-amateur, tous les journaux de TSF des pays limitrophes publiaient ses programmes, reconnurent à maintes reprises ses bonnes émissions et relevaient la facilité de réception. Nous avons déjà dit dans notre édition du mois de septembre (Historique de l’A.R.L.) que ce petit poste de M. Fr. Anen fut absorbé en août 1929 par la Compagnie Nationale de Radiodiffusion.
Il n’est pas à contester que M. François Anen était celui qui installa le premier émetteur commercial luxembourgeois, dont il fut la cheville ouvrière, et qu’il a bien mérité de la radiophonie au Grand-Duché de Luxembourg. Notre Association(l’A.R.L.) est heureuse de pouvoir le compter parmi ses membres d’honneur !» (fin de citation).
Comme il se doit, cet article était accompagné de la reproduction d’une photo avec l’inscription « l’Orchestre de la Station de TSF Radio-Luxembourg. 1926 », et représentait MM. Treinen, Haas, Faber, Bodson, Kayser, Bodson, Wercollier, Aug. Donnen, Léon Moulin et dans un médaillon MM. François Anen, constructeur du poste, et Alfred Heinen, speaker.
Nous avons reproduit cet article parce qu’il reflète fort bien l’enthousiasme et l’emballement à l’époque pour la radio. Tout restait à découvrir et rien n’était encore prouvé et surtout rien n’était encore défendu. Car réglementer n’est rien d’autre qu’énoncer un nombre de choses qui sont dorénavant défendues. Il en fut ainsi de l’émission radio réglementée par la loi du 19 décembre 1929. Cette interdiction frappa aussi bien les amateurs que M. Fr. Anen avec la Compagnie Nationale de Radiodiffusion Luxembourgeoise qui avaient mis en service le 15 août1929 au lieudit Kohlenberg un poste-émetteur d’une technique fort impressionnante. Les émissions cessèrent en janvier 1930. Tombait également sous le coup de cette interdiction le poste Radio Val Ste-Croix de M. Pescatore.

RL 22-8-1937 Diekirch

1949 – Le RL en excursion à Echternach
Si cette loi mit un terme aux activités des émetteurs professionnels ou commerciaux il n’en était pas ainsi pour les émetteurs-amateurs. Chez eux l’envie d’expérimenter et de découvrir fut plus forte que la peur du gendarme, mais ils se retrouvèrent néanmoins dans l’illégalité. Le besoin de sortir de cette situation inconfortable fut le motif principal de la fondation de notre RL à la date du 7 mars1937. Nous avons vu plus haut que les OM s’appliquaient avec un zèle et une persévérance remarquable à se forger l’outil conforme à leurs intérêts et à leurs besoins. La majorité des amateurs de l’époque adhéraient au RL et un tel succès ne pouvait rester sans riposte de la part de ceux qui étaient restés fidèles à la F.N.L.A.R. Les hostilités furent ouvertes en 1938 par M. Jean Paul Lagrange, secrétaire général de la F.N.L.A.R., dans un article dans l’organe de la fédération « Radio-Revue Luxembourgeoise» mars-avril-mai 1938 sous l’entête «Wer macht mit? Wir gründen eine Kurzwellen-Abteilung in der F.N.L.A.R.! » dont plus particulièrement le passage suivant fut sévèrement contesté:
Ich möchte jedoch schon gleich jetzt auf einen Punkt hinweisen, den wir in unserm Studienzirkel vertiefen können, sobald die Reglementierung des Amateursendens von Staats wegen durchgeführt sein wird. Dass es heute für ernsthafte Amateure keinen Zweck mehr hat, in dem trüben Pfuhl des 40-Meter-Bandes zu fischen, wird jedem einleuchten, der einige Zeit in dieser Region herumgehorcht hat. Neben Telegrafiesendern und politischen Telefoniesendern treibt sich in diesen Gewässern eine Unzahl von Amateuren aller Nationen herum und paukt darauf los, was die Kiste hält. Jeden Abend kann man hier den größten Höllenspektakel feststellen, wie er sonst nirgends im Radio zu finden ist. Außerdem sind diese Wellenlängen heutzutage so ausgiebig erforscht, dass für Amateure hier keine Lorbeeren mehr zu pflücken sind. Wenn wir deshalb die heilige Tradition des Amateurismus fortsetzen wollen, so müssen wir schon in weniger erforschte Gebiete vordringen. Wenn jeder; der eine Röhre in einen Sockel stecken kann, sich auf 40 Meter herumtummelt, so sind wir es uns schuldig, diesen Rummelplatzaufzugeben und unsere Freizeit ersprießlicherer Tätigkeit im Sinne unserer großen Vorgänger zu opfern. Also, hinauf zu den höchsten Frequenzen! Ein unermesslich weites Feld der zähen Arbeit, des feinsten Bastelns bietet sich uns und erlaubt uns, an der Forschertätigkeit der Besten teil zunehmen. Le RL prit ombrage de cet article et présenta sa façon de voir les choses dans le QSL d’août 38 sans trop ménager la forme. Dans une lettre au RL du Dr Aug. Schumacher, président de la FNLAR, celui-ci se dit « stupéfait, sinon navré » de cette réaction du RL et posa sa candidature comme membre actif du RL. Cette proposition, à première vue incompréhensible, témoigne de la grande sagesse de cet homme extraordinaire et qui servit le RL pendant de longues années comme vice-président. Car ce qui était en train de dégénérer en une brouille de taille finit par s’arranger et en décembre de la même année la FNLAR proposa un contrat de collaboration dans l’intérêt de l’amateurisme dans notre pays. Ce contrat fut soumis à l’Assemblée Générale du 8 janvier 1939. Cette assemblée refusa l’article 6 et demanda une nouvelle négociation pour l’article 8.
Mais l’année 1938 ne fut pas uniquement l’année de la brouille évitée. C’était avant tout l’année de la consolidation des structures de notre réseau. Un comité fort actif, un service QSL qui fonctionnait à souhait et une revue qui informait les OM furent à la base du succès. Rien d’étonnant que le RL eut les faveurs de tous ceux qui s’intéressaient dans notre pays à l’émission d’amateur, d’autant plus qu’en décembre 1937 le RL fut admis à l’IARU et était reconnu seul réseau représentatif au Luxembourg. Afin de pallier le manque d’informations techniques des membres on publiait au QSL dans chaque numéro quelques articles techniques. Ainsi en mars 1938 on lisait : Quelques notes au sujet du neutrodynage. Un petit émetteur up to date. Un redresseur quadrupleur de tension. Wie baue ich mir einen modernen Kristallhalter. En juin 1938 on vit la suite de l’article sur le neutrodynage, l’utilisation d’une double triode 19 dans la réalisation d’un transcepteur, conception nouvelle du circuit plaque, Die Peilung, Redresseur combiné pour tension plaque et polarisation. En août parut Quelques notes au sujet des amplificateurs B.F. classe B, l’Antenne idéale pour les 56 Mc, Les oscillateurs à cristal pour la bande des 5 mètres, A propos des cristaux de quartz, Comment polariser son émetteur, Wie baue ich mir selbst mein Mikrofon? Inutile de dire que la plus grande partie de ces articles étaient signés LX1AI dont il faut admirer le dévouement pour la cause des amateurs.
1938 fut aussi l’année de l’excursion du RL vers Dudelange dont le Radio-Club avait un nombre remarquable de membres qui pratiquaient les 56 MHz. Il se peut aussi que les excellentes relations qu’avait le RL avec le Radio-Club de Dudelange étaient dues au fait que le père de LX1AJ était le président de ce Club. LX1AJ s’embarqua d’ailleurs cette année pour le Brésil pour y assumer des charges dans les usines de l’ARBED dans ce pays. Ainsi devint libre cet indicatif qui fut repris par Ch. Hausemer de Differdange qui l’utilisait jusqu’à 2009 (SK).
Mais on ne perdit pas de vue que le RL fut fondé pour mettre tout en œuvre pour obtenir la réglementation tant attendue concernant les émissions-amateurs. On multiplia donc les contacts avec les députés et toutes les autres autorités concernées de loin ou de près avec notre problème. Une longue missive au Ministre d’Etat nous valut en date du 25 novembre la réponse suivante :
« En réponse à votre demande du 19 octobre cr. concernant la réglementation des émissions à ondes courtes, j’ai l’honneur de vous informer que la réglementation que vous réclamez ne pourra être mise au point qu’au début de l’année prochaine.
En effet elle devra faire l’objet d’un cahier des charges qui sera soumis à l’avis du Conseil d’Etat et pour le moment les travaux ne sont pas encore suffisamment avancés pour qu’il soit possible de les terminer dans un bref délai.
Le Ministre d’Etat, Président du Gouvernement ».
On n’a pas de difficultés à s’imaginer le nombre de faux espoirs que fit naître cette lettre. Car 1939 ne vit pas non plus cette fameuse réglementation. Elle nous valut par contre l’interdiction formelle d’émettre. La guerre ayant éclaté en Europe, le Gouvernement avait jugé prudent, et pour souligner notre neutralité, d’interdire toutes les émissions, aussi bien celles de Radio Luxembourg que celles des amateurs, pour la durée des hostilités. Le grand QRT devait durer, au fait il ne fut jamais levé officiellement, jusqu’en 1946/47.
Afin de mieux nous rendre compte de l’état d’avancement de l’art en matière de station d’amateur à la veille de la Seconde Guerre mondiale, reprenons ici la description faite au bulletin QSL:
La station de LX1AO.
Les débuts de la station datent des temps héroïques (1926/27). Comme les studios de tous les autres LX de ces temps, le studio 12 1AO était équipé d’un Mesny avec 2 B406 travaillant sous 120 V et d’un récepteur 0-V-1. Malgré cette modeste installation des QSO phonie furent réalisés avec la plupart des pays de l’Europe et de l’Afrique du Nord.
Après de multiples modifications l’aspect de la station est maintenant la suivante :
Emetteur : 2 étages, piloté par cristal. Pilote 59/P.A. RK 23 modulé dans la plaque et dans la grille écran. Puissance alimentation 30 W. Modulation :57-56-59-push-pull classe B avec deux 46. Les transfos de l’ampli (transfo d’attaque et de modulation) sont des « home made ».
Antenne : Antenne Zepp.
Récepteur : 1-V-2.
Micro : le micro, genre Reiss, est également un « home made ».
Aux essais de 5 m sert un petit transceiver avec une 56 modulée dans la grille, ainsi qu’un émetteur à lignes résonnantes avec deux « 45 » (décrit dans ce numéro) avec une antenne dipôle rotative.
La station de LX1Al.
Les débuts, très modestes d’ailleurs, de la station datent de 1927-28. Tout le matériel se composait d’un Mesny avec modulation Beauvais, d’un récepteur à une lampe et d’un accumulateur de 80 V. En 1933-34 le Mesny était remplacé par un émetteur à 3 étages piloté par cristal. Après maintes transformations l’aspect de la station est actuellement la suivante :
Emetteur à 3 étages : un pilote avec une 53 sous 300 V, un buffer avec uneRK39 sous 600 V et un PA avec une 805 sous 1500 V. L’input du dernier étage est de 200 à 250 W en phonie. (Rien que cela ?) Chaque étage du transmitter est alimenté par un redresseur séparé.
Modulation : la modulation se fait dans la plaque de la 805 avec un amplificateur de modulation fournissant 100 à 120 W modulés (Que de watts !). Le préamplificateur de modulation est à 4 étapes dont le dernier est un push-pull classe A (deux 2A3) qui attaque alors le modulateur proprement dit. Tous les transformateurs de modulation sont des Thordarson Multi-match (réclame non payée !) permettant de les utiliser avec n’importe quel type de lampe. Le microphone est un micro à cristal, de même pour le pick-up.
Antenne : La station dispose de deux antennes Zeppelin, l’une pour la bande des 80 m et l’autre pour les 40 et les 20 m.
Fréquences : les fréquences des cristaux de quartz son t: 14020, 7025, 7200 et 3592 Kc.
Réception : Le récepteur est un 0-V-2 (hélas ! pauvre Miss Dorothy !) en attendant un Super Sky-Rider. (Pourquoi pas après tout ?)
DX-Phonie : Toute l’Europe, les Iles Canaries, l’Afrique du Nord (en attendant l’Afrique du Sud ?) les USA, plusieurs districts du Canada et la Nouvelle-Zélande.
On serait tenté aujourd’hui de sourire devant ces 0-V-1 et 1-V-1 mais il faut se rappeler que ce genre de récepteur avait entre les mains d’un expert une sensibilité imbattable. Le super ne l’a finalement emporté que grâce à ses moyens de sélectivité supérieurs et à sa manœuvre plus facile.
Il est certainement aussi intéressant de savoir où nos OM de l’époque se sont procurés les pièces détachées dont ils avaient besoin pour réaliser leurs montages.
Voici quelques adresses alors en vogue :
- Radio Bourse, Marché-aux-Herbes, Bruxelles : lampes de TSF européennes et américaines, pièces détachées. Les commandes sont à payer d’avance. Délai de livraison : 3 à 4 jours.
- Maison Daniel Delgay, Chaussée de Charleroi, Bruxelles: transformateurs Thordarson, récepteurs National, Condensateurs variables National (émission et réception), cristaux de quartz Bliley. Les commandes à payer d’avance. Si le matériel est en stock le délai de livraison est de 3 à 4 jours.
- Radio Séca, rue de la Couronne, Anvers: transformateurs H.T. et de chauffage(construction américaine), un certain nombre de types de lampes d’émission Raytheon sont de stock. Les commandes sont à payer d’avance.
- Uncle Dave’s Radio Shack, 356 Broadway, Albany N.Y. United States of America: Tout le matériel de TSF possible et imaginable (émission et réception).Demander le catalogue illustré. Les prix indiqués dans le catalogue sont des « list price » ; pour trouver le prix réel à payer il faut retrancher la remise indiquée en % en bas de chaque page. Les commandes sont à payer d’avance. Délai de livraison 5 semaines environ.
Comme il fallait recourir à l’étranger et comme le marché commun n’était pas encore inventé, il y avait des droits de douane à payer. LX1AB en tant que professionnel en la matière nous donne des explications sur ce à quoi il faut s’attendre lors d’une importation et en appliquant le tarif No 1088 bis.
a) Appareils complets :
1. à valves (tubes ou lampes) Kilogr. net 17.—plus par socket de valve 8,50
2. autres Kilogr. net 12.—plus par socket de valve 8,50
b) Appareils incomplets et groupes montés Kilogr. net 17.—plus par socket de valve 8,50
c) Valves, tubes ou lampes (y compris les valves, tubes ou lampes montés sur les appareils) pièce 1,45
d) Pièces détachées non dénommées Kilogr. net 13,80
Il s’ensuit que les appareils complets ou incomplets à valves, compris sous les positions ci-dessus, sont taxés à la fois d’après leur poids et d’après leur nombre de sockets de valves. Ainsi s’ils sont munis de leurs valves, tubes ou lampes, ceux-ci doivent être soumis, en outre, séparément au droit à la pièce, prévu sous le litt. «d». Il va sans dire que le poids des valves, tubes ou lampes n’est pas à comprendre dans le poids imposable. Les appareils à galène (ou cristaux) sans valve, sont tarifés sous le litt. «a.2».
Rien d’étonnant alors qu’on a connu à un certain moment une profusion de tubes composés. Double diode, double triode, double pentode, diode trio de pentode, diode triode, double diode triode, diode pentode, triode pentode, double diode pentode, triple diode triode, diode tetrode, triple triode, triode heptode, triode hexode et autres usines sous verre. Pour vous donner une idée du pouvoir d’achat du Fr à l’époque, sachez que lors de l’excursion du RL en 1937 à Diekirch le billet aller-retour Luxembourg-Diekirch coûtait 8,50 Fr, tandis que le couvert pour le déjeuner à l’Hôtel Beau Site revenait à 16.- Fr Il serait certainement intéressant de voir une étude sur l’influence de l’Etat, (et pas forcément uniquement le nôtre), par le biais de ses taxes, sur le développement et la conception des lampes et des postes de radio.
L’année 1939 s’ouvre avec une Assemblée Générale le 8 janvier. Une vingtaine d’amateurs étaient présents et ont appris que 2970 cartes QSL ont transité au bureau en 38 et que la caisse contenait 441,20 francs. LX1RS démissionna du QSL-bureau et fut remplacé par LX1AB. Mais outre ces, on dirait faits divers, une autre réflexion hantait nos amateurs en 1939. En effet la Conférence de l’ITU du Caire avait été plutôt désastreuse pour les amateurs européens. Un article paru dans le Bulletin du REF attribua cela aux raisons suivantes : par suite de leur nombre et aussi des services qu’ils sont à même de rendre dans des régions très étendues, souvent dévastées par des cataclysmes, les amateurs du nouveau monde jouissent, de la part de leur Gouvernement, d’une considération très supérieure à celle qu’on professe, à leur égard, de ce côté de l’Atlantique. Mais il est une autre raison qui, de toute évidence, a puissamment contribué au maintien des fréquences de nos camarades américains : ils avaient envoyé, à leurs frais, des représentants «amateurs» à la conférence du Caire. Pour éviter le renouvellement de la débâcle du Caire, voire même la disparition complète de l’amateurisme européen en 1942 à Rome, le REF avait décidé d’envoyer aux prochaines conférences internationales un représentant et à cette fin avait créé une cotisation spéciale de Fr. 5.— par année et par membre pour financer cette représentation. Le RL se propose de faire voter par la prochaine AG d’adhérer à ce mouvement. Et en effet l’AG du 17 décembre adopte le projet et vote un supplément de cotisation de Fr. 5.— à cette fin. Rappelons-nous que la guerre en Europe fut déclarée en septembre de cette année39; nos OM devaient donc croire que cette vilaine histoire serait bientôt terminée et que l’on retrouverait nos problèmes connus tels la réglementation et la conférence ITU 42 à Rome. Ceux de nous assez âgés pour avoir vécu cette période se souviendront qu’effectivement les Luxembourgeois de l’époque étaient convaincus que les trouble-fête en Europe recevraient sous peu la correction tant méritée et qu’on reviendrait à l’ordre du jour. Ils n’étaient malheureusement pas les seuls à se tromper lourdement à ce sujet.
Mais revenons à notre AG du 17 décembre 1939. Le premier président du RL, LX1TW, ne posa plus sa candidature. Il fut nommé président d’honneur et LX1OB, F. Scholtes, fut élu à ce poste. Durant l’année 39 on avait accueilli 19 nouveaux membres, dont 15 actifs, ce qui porta le nombre des actifs à 50. Le nombre de cartes QSL ayant transité au bureau fut de 3563 et l’avoir en caisse se montait à Fr. 989,10. La cotisation pour 1940 fut fixée à Fr. 12.— y compris le montant de Fr. 5.— pour le délégué à Rome. Ces chiffres sont remarquables et témoignent de la vitalité du réseau et de l’intérêt que l’on avait pour la technique de la radio.
Malgré le QRT imposé par le Gouvernement on continua à s’intéresser à la technique et le bulletin «QSL» continua à leur fournir des sujets de méditation.
Le dernier QSL «d’avant-guerre» porte la date de mai 1940. En ce 10 mai les LX, plus que tout autre groupe de la population, firent la douloureuse connaissance de la terrible efficacité des organes répressifs de l’envahisseur. Ceux qui n’avaient pas encore pris le chemin de l’évacuation au moment de l’arrivée des troupes reçurent la visite de la «Geheime Feldgendarmerie». Confiscation ou destruction de la station et, dans certains cas, arrestation de l’OM, furent le début du calvaire des amateurs luxembourgeois. Pour les militaires il y avait une association d’idées entre agent secret ou espion et émetteur d’ondes courtes. La réciproque, étant probablement vraie aussi, voulait qu’émetteur d’ondes courtes fût synonyme d’espion. Ce genre de réflexion fut encore longtemps un frein sérieux aux accords de réciprocité.
Mais revenons à nos amateurs sous l’occupation. A peine rentrés de l’évacuation, ils assistèrent au remplacement de l’administration militaire par une administration civile du territoire luxembourgeois. Et dans le gang du chef de la Zivilverwaltung il y avait le Stillhaltekommissar für das Organisationswesen inLuxemburg qui s’appelait Franz Schmidt et était Oberbereichsleiter. Se référant à une Verordnung du 28 août il lança le 8 septembre un appel à la déclaration de tous les Vereine und Organisationen. Le but de l’opération était formulé comme suit:
«Der Zweck der getroffenen Anordnungen ist es nicht zuletzt, die wohlerworbenen Rechte der Mitglieder ihren Organisationen gegenüber sicherzustellen». La déclaration fut faite et on reçut une Verfügung datée du 31 mars 1941avec le cachet postal du 23 mai 1941 qui stipulait ce qui suit:
«Die Organisation wird im Zuge der Neuordnung des Organisationswesens mit sofortiger Wirkung gelöscht. Das Vermögen wird zu Gunsten des Aufbaues im Bereich Luxemburg eingezogen; die Bestimmungen gemäß Anlage I sind genauestens zu beachten».
Et voilà, c’en était fait du RL, du moins pour l’occupant et sur le papier. Mais entre-temps un autre drôle d’oiseau s’était occupé des LX. En date de la St-Nicolas 1940 le président du DASD (Deutscher Amateur-Sende-Dienst) avait lancé une lettre circulaire «An alle Mitglieder und ehemaligen Mitglieder des DASD». Outre qu’il avait apparemment déjà accompli le Anschluss, ce type écrivit exactement dans le style de ceux qui vaillamment défendaient leur poste à la Heimatfront. Il mettait ses ouailles en garde contre le Amateurschwarzsender et disait que «eine schlagartig durchgeführte Verhaftungswelle brachte bis jetzt 16 vor den Richter. …In allen, auch in leichteren Fallen von Beihilfe kann in Zukunft Überführung in das Konzentrationslager erfolgen». Et dire que cinq ans plus tard plus personne en Allemagne, et probablement ce président non plus, n’avait jamais entendu parler de ce genre de camp. Mais ce fin limier ne versait pas dans l’idée militaire de espion-émetteur et émetteur-espion, il était déjà en plein dans la guerre psychologique. Écoutons-le: «England und seine Kriegsführung benützen jedes Mittel, Deutschland zu schaden. Der Feind erkennt durch seine Funküberwachungsorganisation sehr schnell, dass es sich um deutsche Schwarzsender handelt. Diese Tatsache wird vom Engländer politisch ausgenützt, indem er die Neutralen darauf hinweist, dass in Deutschland eine „Opposition“ vorhanden sei, die sogar gegen die schwersten Strafen im Schwarzsendergesetz Sender betreibt. Hiermit „beweist“ er den englischen Wunschtraum über eine Opposition, stärkt also Englands Stellung im Kampf gegen unser Volk. Weitere schwere Schäden durch Schwarzsender können im Zeitalter der Luftkriegführung und deren Abhängigkeit von der Wetterlage auftreten. Nähere Einzelheiten hierüber können nicht erwähnt werden». Voilà donc ce que les brebis galeuses peuvent bien commettre comme crime, mais voyons comment la Funküberwachungsorganisation se débrouille pour ne pas les confondre avec les brebis blanches: «Nur ein kleiner Teil der Männer, die an einer Sendelizens interessiert sind und die Fähigkeit besitzen, einen Sender zu betreiben, haben eine Kriegsfunksendegenehmigung erhalten. Die Auswahl dieser zahlenmäßig begrenzten Mitarbeiter bedeutet in keiner Weise eine Beurteilung der früheren Lizensträger». Comme «nähere Einzelheiten hierüber nicht erwähnt werden», il faut admettre que des Kriegsfunksendegenehmigungen ne furent inventées que pour brouiller les pistes de la Funküberwachungsorganisation et pour prouver que des émetteurs non clandestins ne permettaient pas à la Luftkriegführung de tirer des conclusions quant au temps qu’il faisait. Le signataire de cette missive s’appelait Sachs et fut à l’époque général en chef de la police à Berlin, ce qui explique peut-être certaines formulations dans son écrit.
Tous les LX n’avaient pas le goût de l’humour noir comme le président du DASD. S’il fallait risquer sa tête on ne le fera pas pour prouver aux Anglais ce qu’ils n’ignoraient pas. La revue de l’Association Radio-Luxembourg en date du 18décembre 1946 nous éclaire au sujet de l’enjeu des émissions clandestines.
«Qui était 4-7-6 ? ??
Une quinzaine de jours après l’introduction du service militaire forcé par le fameux Gauleiter Simon, en septembre 1942, deux hommes lançaient, sous l’indicatif 476, la nouvelle du décret monstrueux avec un émetteur construit en toute hâte avec du matériel de fortune, dans le ciel. L’émission fut captée par le poste de l’armée blanche à Libramont qui le retransmit en Angleterre.
Pour la construction du petit poste-émetteur ils avaient utilisé le matériel d’un vieux poste Telefunken, un microphone-poste et une. antenne ordinaire. On émettait avec 2 lampes sur une longueur d’onde de 40 à 45 m (après des essais sur 25 m, qui n’avaient pas donné de résultats satisfaisants) et une puissance de6 W depuis Luxembourg et Limpertsberg.
Sur le point d’être découvert par la Gestapo, l’émetteur a été transporté en novembre 1942 à Helmsange où il fut installé dans une grange.
De là toutes les informations intéressantes furent communiquées par l’entremise des différents postes de l’armée blanche en Angleterre. Un jour un jeune homme enrôlé de force dans la Wehrmacht (Roger dit Bubi) a pu donner aux deux amis des indications au sujet d’une nouvelle arme, la «Panzerfaust» et sur l’emplacement exact des «rampes de lancements des VI» en Hollande. Aussitôt ces précieuses indications ont été retransmises et 8 jours plus tard la «Royal Air Force» a bombardé avec succès ces installations.
La Gestapo faisait son apparition à Helmsange et rodait aux alentours de l’emplacement de l’émetteur; aussitôt il fut démonté et installé en décembre à Rumelange. Tous les jours des messages, de 3 minutes chacun, en français et anglais, ont été envoyés aux postes de l’armée blanche à Libramont et Bruges, qui les retransmettaient aux Alliés.
Après une trentaine de jours la Gestapo faisait une descente à Rumelange et l’émetteur prenait le chemin pour Bourscheid où il a fut installé dans une maison privée. Toutes les nouvelles intéressantes de notre pays ont été envoyées via Belgique en Angleterre.
Traqué par la police le poste fut réinstallé après quelques mois à Helmsange et, sur le point d’être repéré par la Gestapo, transporté en deux paquets par la voiture, d’une Brasserie luxembourgeoise à Luxembourg et déposé dans un magasin de la ville. De là un des deux amis l’enlevait le mercredi de Pâques 1943pour le cacher dans les environs; le second ami fut arrêté par la Gestapo le jeudi de Pâques à Pétange.
Qui était 4-7-6?
Qui étaient ces deux bons patriotes? L’un était notre (Association Radio Luxembourg) ancien membre M. Emile Kunsch, prop. de Central-Radio, Luxembourg, mort pour la Patrie, fusillé par les nazis, le 25 février 1944.
L’autre est M. Camille Conrardy, Luxembourg (indicatif 4-7-6 = LX1AC)».
LX1AC fut longtemps membre de notre comité, homme honnête, tranquille et jovial, il n’a qu’une seule fois fait allusion à votre scribe de ces faits de guerre et encore dans un understatement qui aurait fait honneur au plus anglais des Anglais. Il n’était d’ailleurs pas le seul LX à prendre une part active dans les activités de la Résistance, mais eux comme lui étaient d’avis qu’on a fait ce qu’il fallait faire et qu’on n’en parle plus. La première Assemblée Générale du RL après-guerre eut le triste devoir d’honorer par une minute de silence la mémoire de LX1AK et LX1DY morts dans des camps de concentration. Ces deux OM, Ph. Wendel LX1AK et L. Wehenkel LX1DY, furent décorés à titre posthume de la Croix de la Résistance 1940-1944.
Terminons cette triste période de la guerre en signalant que le 10 septembre1944, à la Libération, tous les LX eurent droit à la visite du CIC, et tous ont noté «la différence entre les façons de procéder du CIC et de la Geheime Feldpolizei».
Cette première AG d’après-guerre eut lieu en janvier 1946 avec une assistance de18 OM. Elle constata que la caisse du RL contenait en tout et pour tout 13.— Fr. Ondistribua des cartes QSL qui dataient encore d’avant-guerre et surtout on élut unnouveau comité qui devait se présenter comme suit:
Président : LX1MS H. Sadler, Pétange
Vice-président : LX1SM M. Schwinnen, Differdange
Secrétaire : LX1AI J. Kesseler, Luxembourg
Trésorier : LX1AC C. Conrardy, Luxembourg
QSL-Manager : LX1AB W. Berger, Luxembourg
Conseil juridique : Me. E. Schlesser, Luxembourg
La cotisation fut fixée à Fr 50.— et on constata que les problèmes qui étaient à la base de l’existence du RL furent encore les mêmes qu’avant la guerre. On s’adressa donc de nouveau au Directeur des P.T.T. M. Raus ainsi qu’à l’Ingénieur en chef des services techniques des P.T.T. M. Klein. On ne reçut aucune promesse précise sinon de traiter avec bienveillance notre activité illégale. On ne sait pas qui il faut admirer davantage, les LX dans leur persévérance pour sortir de leur illégalité ou les administrations dans leur refus non motivé de nous donner une réglementation. On ne voit pas non plus quelle administration faisait obstruction. Mais il ne faut pas perdre de vue que notre pays fut proportionnellement le plus sinistré d’Europe et avait des problèmes plus urgents à résoudre que celui des amateurs.
L’Assemblée Générale du 26 janvier 1947 constata que le RL compta 52membres actifs. L’intérêt pour les choses de la radio qu’on avait constaté avant la guerre fut encore renforcé par le fait que l’issue de cette guerre fut en grande partie décidée par les moyens techniques, dont la radio, mis en œuvre. En plus les magasins de surplus tout comme les champs de bataille de l’Oesling furent une source inépuisable de matériel de communication. Rien d’étonnant donc que le monde des amateurs s’agrandissait à vue d’œil. Probablement aussi le fait qu’on venait de vivre quatre années bouche cousue et dans l’isolation eut comme réaction que tout le monde aspirait à la communication tous azimuths.
Puisque l’on parle ici de matériel surplus il semble indiqué de parler également de deux bonnes à tout faire que le surplus a introduites chez nous et qui fêtaient en ce moment, tout comme le RL, leur cinquantenaire. Il est question des tubes 6L6 et 807 qui furent utilisés sur une très large échelle dans les appareils de communication des Alliés. La 6L6 fut introduite au marché en 1936 par la RCA et suivie peu après par la 6L6G. Un réaménagement de l’intérieur de ce tube, et notamment la sortie de l’anode par le haut du tube, ainsi qu’une amélioration de l’isolation intérieure fit naître la 807 qui était apte au service sous 600 V. La 807 fut certainement la réponse aux prières des amateurs. Une paire de ces tubes, à 3 dollars la pièce, pouvaient facilement à longueur de journée soutenir un régime en télégraphie de 120 à 150 W alimentation. Chaque fois que l’humanité a quelque chose de bien il se trouve quelqu’un pour le faire moins cher et moins bon. La 807 n’a pas échappé à cette règle. Sa production en masse pour les besoins militaires fit naître quelques constructeurs aussi ignorants que dénués de scrupules. Les «simplifications» qu’ils apportèrent à ce tube lui valurent bientôt la réputation d’être instable; le problème était simplement que les circuits conçus pour les bonnes 807 ne fonctionnaient pas correctement avec les clones dénaturés. La 807 fut remplacée par la 6146 tandis que la 6L6G prenait du service dans les téléviseurs et dans les chaînes haute fidélité. Les dernières variantes telles les 6LO6 et 6MJ6, conçues comme tubes de balayage des téléviseurs, furent également utilisées dans les amplis linéaires des amateurs. Ces deux tubes ont bien mérité des amateurs.
De l’autre camp des belligérants le surplus nous avait apporté les RL12P35 et RL12P50. Leur prix modique et leur robustesse leur ont valu une fin de carrière pacifique chez les amateurs.
Si avant la guerre la pointe du progrès chez les amateurs se situait sur la bande des 56 à 60 MHz, elle ne tarda pas à monter en fréquence très rapidement après la guerre. Nous avons en effet perdu en 1947 cette bande au profit de la télévision ainsi que la bande 112 à 120 Mhz au profit de l’aviation commerciale. En compensation nous reçûmes 144 à 146 MHz. Si la 832 fut une lampe fort appréciée pour cette longueur d’onde, on manqua au contraire à cette époque de lampes valables pour la réception. L’introduction de la bande autour de 100 MHz pour le service radio en modulation de fréquence lança l’industrie dans une frénésie de développement de circuits et de lampes pour les étages d’entrée de ces récepteurs. Les amateurs ont largement profité de cette situation qui leur a permis des progrès plus rapides dans l’exploration et la mise en valeur de cette bande des 2 m.
Vint enfin le 20 juillet 1950. L’arrêté ministériel qu’on attendait depuis 1929, c.-à-d. depuis presque 21 ans, fut enfin promulgué. Les conséquences en furent de natures différentes. Le cadre légal de notre activité était fixé et permit aux LX de prendre une part plus active et plus «respectable» dans le concert international des amateurs. Sur le plan national les années de folle croissance étaient terminées et le réseau entama un développement plus serein. En effet beaucoup d’OM qui ne pratiquaient la radio que depuis quelques années ne se sont pas présentés au premier examen pour l’obtention du certificat d’opérateur-amateur. Le nombre des membres du RL et le nombre des LX chuta au niveau d’avant-guerre c.-à-d. autour de la quarantaine. Le titre de radio-amateur, dorénavant lié à un effort non négligeable, prit une dimension nouvelle et inspira au détenteur une fierté et un sens de responsabilité nouveau.
On ne peut pas passer outre ici sans se poser la question pourquoi il a fallu un effort de 21 ans pour aboutir à cet arrêté ministériel et qui faisait obstruction à cette réglementation. La réponse n’est ni simple ni évidente. Une chose est néanmoins certaine quand on regarde le problème devant la toile de fond de la situation politique et économique de l’Europe d’alors. L’Italie et l’Allemagne étaient aux mains de dictateurs qui n’inspiraient certainement pas de confiance, beaucoup s’en fallait. La France fut la proie du front populaire qui inspira tant de discordes internes qu’elle n’était pas à même d’assumer le rôle de l’homme fort en Europe. L’Espagne, depuis la disparition de la monarchie, ne connut pas de stabilité et finit par sombrer dans la guerre civile, dont la bipolarisation se répercuta sur toute l’Europe. L’Angleterre, après avoir conclu un traité naval avec l’Allemagne qui lui garantissait la suprématie maritime, croyait pouvoir échapper à la confrontation en Europe. Tout cela mijota pour ainsi dire dans la sauce d’une crise économique mondiale très grave. Sachant qu’à l’époque il y avait encore des économistes et des industriels qui étaient d’avis qu’une bonne guerre était le remède à une bonne crise, sachant d’autre part que la politique expansionniste de l’Allemagne dépassait les limites du tolérable, les réalistes se rendaient à l’évidence que la guerre en Europe était, à moins d’un miracle, inévitable. Dans cette situation le Luxembourg n’avait en tout et pour tout que sa neutralité; quant aux garants de cette neutralité mieux vaut ne pas en parler. Ceux qui se souviennent encore des traits de caractère de notre Directeur Général (en d’autres termes du Premier Ministre) de l’époque, Monsieur Pierre Dupong, ne lui contesteront certainement pas la lucidité et la prudence. On est tenté de conclure que cet homme d’Etat aurait été d’accord de tolérer les amateurs mais n’aurait pas jugé prudent de les autoriser. Connaissant l’activité de la cinquième colonne et d’autres services de renseignements au Grand-Duché et conscient du genre de raisonnement des militaires, exposé plus haut, il n’aurait pas voulu se prêter à des reproches de qui que ce soit. Quant à la période d’après-guerre, il faut se rappeler que notre pays fut proportionnellement le plus sinistré d’Europe, avait des problèmes bien plus graves à résoudre que de donner satisfaction sur le champ à une centaine d’amateurs. Il me semble qu’on a été traité, compte tenu de la situation internationale et nationale, d’une façon plus que convenable, même si les acteurs de l’époque ne s’en rendaient pas parfaitement compte. On serait même tenté de croire que la confiance que l’Administration des P. & T. nous témoigne aujourd’hui fut gagnée durant notre illégalité par le comportement franc, honnête et empreint de responsabilité des LX de cette époque.
La légalité et la respectabilité acquises, le RL pouvait se concentrer sur des problèmes plus techniques. Car à l’horizon de l’amateurisme de nombreux changements se faisaient jour.
Le RL fut invité à participer aux émissions organisées par l’OTC sur les antennes de Radio Léopoldville. Ces émissions furent enregistrées au Luxembourg par les OM-LX. La première émission au sujet du RL dans le cadre du programme «DX» eut lieu le 17 janvier 1951. Ces émissions avaient pour but de présenter les amateurs et leurs réseaux nationaux aux auditeurs de Radio Léopoldville.
Sur le plan national, 1962, année du 25e anniversaire de la fondation du RL, fut une année charnière. En effet lors de l’AG du 18 mars le président IMS, le docteur Henri Sadler, et le secrétaire 1A1, Jos Kesseler, se sont déchargés de leurs fonctions après 17 respectivement 25 ans de service. Ces deux hommes, amateurs depuis les années vingt, avaient largement mérité leur nomination de président respectivement secrétaire d’honneur du RL que cette AG prononça à l’unanimité. Le nouveau président LX1DP, Romain Sadeler, devait faire une «carrière» à ce poste pendant vingt ans, tandis que le nouveau secrétaireLX1MS, Mathias Schwinnen, fut contraint, pour des raisons de santé, de se défaire de sa fonction après une année seulement.
Sur le plan purement technique les changements en cours ou à venir furent notamment:
- l’oscillateur à quartz avait cédé la place à l’oscillateur variable sur les bandes décamétriques,
- la bande des 21 MHz fut allouée au service amateur, ce qui faisait que nos bandes n’étaient plus toutes dans une relation harmonique,
- dans la littérature on commença à parler du système à bande latérale unique,
- la sélectivité des récepteurs fut leur critère primordial,
- la stabilité de fréquence, aussi bien des émetteurs que des récepteurs, fut recherchée par tous les moyens,
- le câble coaxial avait détrôné la ligne bifilaire ouverte pour le raccordement des antennes,
- les premiers signaux de RTTY se firent entendre et
- le grand intérêt des LX pour les VHF et UHF.
Mais les premières difficultés apparurent également dans la cohabitation des amateurs avec leurs voisins. L’introduction de la télévision s’accompagna d’essais de la part des téléspectateurs de capter des émetteurs trop éloignés pour assurer une image acceptable. Dans ces conditions le moindre signal HF dans les environs mit à rude épreuve le téléspectateur frustré. Quelques constructeurs de téléviseurs avaient en outre prévu une moyenne fréquence dans leurs appareils autour de 30 MHz ce qui les rendit particulièrement sensibles aux émissions amateurs dans la bande des 10 m. Le canal TV 2 occupé par un émetteur allemand connut un certain succès au Luxembourg et fut la proie facile de tous ceux qui dans la préparation de leur signal 2m passèrent avec leur chaîne de multiplication à 48 MHz. Le blindage HF de tous les étages d’un émetteur ainsi que la réduction de la puissance dans tous les étages sauf le PA devinrent la règle du jeu. D’un autre côté les amateurs connurent bien des déboires avec la motorisation accrue du pays. Les parasites en provenance de l’allumage des véhicules automoteurs et surtout des bicyclettes à moteur auxiliaire rendirent à leur passage toute écoute impossible. Plus tard encore les chaînes haute-fidélité et enregistreurs vidéo devinrent du fait de leur blindage insuffisant la cible de dérangements de la part des émissions amateurs. La compatibilité électromagnétique devint petit à petit le souci des amateurs et des constructeurs d’appareils électroniques ménagers. Dans tous ces cas il était manifeste que l’origine de ces perturbations étaient bel et bien les émissions des amateurs et il était fort difficile de faire admettre aux propriétaires de ces appareils que leur équipement ne correspondait pas aux règles de l’art en la matière. Tous ces déboires et ces difficultés avaient pour conséquence que les amateurs renonçaient de plus en plus à construire eux-mêmes leurs émetteurs d’autant plus que le matériel offert sur le marché, et conçu par des constructeurs renommés, était d’un prix abordable et de conception éprouvée quant à la comptabilité électromagnétique. La construction «maison» se réduisait ainsi au matériel VHF et UHF, aux appareils de mesure et de contrôle ainsi qu’aux antennes. Ce trend fut encore accru par la sophistication toujours croissante et la miniaturisation de plus en plus poussée de l’équipement. L’arrivée des semiconducteurs ne changea rien à cette situation, bien au contraire. Car si l’ancien système de construction avec les composants autour du socket de la lampe se prêtait fort bien aux modifications, c.-à-d. à l’expérimentation, la construction sur circuit imprimé est un système trop rigide pour pouvoir y changer quoi que ce soit. Mais en revanche le champ d’utilisation de la radio devint de plus en plus large. Dans le passé la communication de l’amateur se résumait à la transmission de messages soit en télégraphie en code Morse soit par la parole en modulation d’amplitude. Venaient s’ajouter à ces modes de trafic en RTTY par l’utilisation de machines télex, la transmission en bande latérale unique soit avec porteuse soit à porteuse supprimée, SSB, la transmission d’images de TV à balayage lent, la transmission d’images en fac-similé ou FAX, la transmission d’images de TV par balayage rapide, la transmission de textes en mode HELL. En VHF et UHF, où l’utilisation d’antennes très directives était relativement facile, les contacts à grande distance moyennant réflexion du signal soit par la lune soit par l’atmosphère ionisée par le passage de météorites devinrent la hantise de quelques mordus. Les premiers satellites-amateurs furent mis sur orbite pour signaler la présence amateur dans l’espace et se contentaient d’émettre des données telles l’état des batteries, la température etc. La génération suivante permettait de retransmettre vers la terre les signaux captés. Du fait de leur altitude ce mode de communication permettait de franchir des distances bien supérieures à la normale. En même temps ces premiers satellites habituaient les amateurs à un nouveau mode de communication et à la poursuite avec leur antenne du véhicule orbital.
L’avènement des microordinateurs s’avéra une aide fort précieuse au calcul des orbites et au pointage des antennes. Mais le microordinateur prit une place plus importante encore chez l’amateur. En effet les machines Télex et Hell dont se servaient les amateurs n’étaient tombées entre leurs mains qu’après avoir été usées jusqu’à la corde par leur propriétaire initial. Leur fiabilité laissait pour le moins à désirer et le bruit qu’elles dégageaient n’a pas toujours trouvé l’appréciation des habitants des pièces avoisinantes. Les microordinateurs se prètaient à merveille à l’encodage et au décodage des signaux télex et Hell. De là à utiliser cette merveilleuse machine dans l’application du AMTOR et parla suite au Packet Radio ne fut qu’un pas pour aboutir à un système qui permet la communication pratiquement sans erreur dans la transmission de messages écrits. On convient aujourd’hui à considérer ce packet radio comme la révolution silencieuse, de loin le changement le plus important depuis la guerre dans le trafic amateur.
Les VHF et UHF prirent donc un essor foudroyant en raison de la connaissance plus ample des conditions de propagation et de l’amélioration constante des composants électroniques. La réduction des dimensions des appareils portatifs et l’adoption de la modulation en fréquence, mettant le récepteur à l’abri de bien des parasites, firent de ces appareils le compagnon idéal dans les déplacements aussi bien à pied qu’en voiture. Afin d’améliorer la couverture du territoire en trafic mobile ou portable des émetteurs-récepteurs de relais furent mis en place en des endroits particulièrement bien dégagés, de sorte que la communication devient possible dans un rayon de presque une centaine de km tout en ne mettant en œuvre qu’une puissance d’émission dérisoire.
Mais le vrai défi, la communication intercontinentale sur des longueurs d’ondes ayant eu il y a peu de temps encore la réputation de ne porter guère plus loin que l’horizon optique, continue à occuper les vrais chercheurs. Pour mieux souligner le chemin parcouru et le résultat obtenu nous reproduisons ici la liste des premiers contacts réalisés à ce jour à partir du territoire luxembourgeois:
144 MHz
F8UK – LX1MS 02.12.52
ON4TR – LX1MS 02.12.52
DL3NQ – LX1DU 13.01.54
PA0ROB – LX1SI 29.03.54
HB1 V – LX1SI 27.08.54
G5MR – LX1AS 23.07.55
OE9BF – LX1SI 04.09.55
9S4BS – LX1SI 04.09.55*
*Sarre avant 30.03.57
OK1EH – LX1SI 23.11.59
GW2PDI – LX1SI 11.10.63
GC2FZC – LX1SI 11.10.63**
GI3GXP – LX1CW 03.02.65
UA1DZ – LX1SI 07.06.65
GC2TR – LX1SI 22.09.65***
OZ9OR – LX1SI 22.09.65
SM7CCX – LX1DU 22.09.65
GM3FYB – LX1SI 09.10.65
SP2RO – LX1SI 14.11.65
UP2ON – LX1SI 09.12.65
EA1AB – LX1SI I 1.09.66
SV1AB – LX1SI 04.05.68
HG7CJ – LX1SI 12.08.68
OH2BEW – LX1SI 12.11.68
UR2BU – LX1SI 04.04.68
LZ1BW – LX1SI 13.08.68
CY2BS – LX1SI 21.10.69
I1SV – LX1DB 03.09.72
HB0XMU – LX1SI 03.09.72
GD2HDZ – LX1DT 13.10.72
DM – LX1SI
UT5DL – LX1DB 08.06.75
UC2AAB – LX1DB 08.06.75
YZ3UXB – LX1DB 13.07.75
1T9PLT – LX1SI 24.07.74
9H1CD – LX1DT 28.10.75
LA4KF – LX1DB 28.10.75
F6CTW/p/FC – LX1DB 24.07.78
CT1WW – LX1DB 13.08.78
YO2IS – LX1DB 12.12.78
OH0JN – LX1FX 03.01.79
IS0BYR – LX1DB 27.06.79
EI2CA – LX1GR 10.07.81
4U1ITU – LX1DB 19.07.81
EA6FB – LX1GR 10.08.81
UO5OGF – LX1GR 25.08.81
UA2FAY – LX1GR 03.09.81
C31NT – LX1GR 30.07.81
UQ2GCG – LX1GR 21.04.82
W5UN – ON7 B/LX 09.07.83
VE7BQH – ON7RB/LX 09.07.83
ZS6AVL – ON7RB/LX 12.07.83
HV2VO – LX1GR 05.06.86
T70A – LX1GR 04.07.86
** Guernesey GU
*** Jersey GJ
432 MHz
DL 6 WU — LX I SI 03.01.61
LX 1 MS – LX I SI 26.11.61
ON 4 ZK – LX I SI 16.05.63
F 2 PP – LX 1 SI 05.05.63
PA 0 EZ – LX 1 Si 26.06.63
G 3 LTF – LX 1 SI 11.10.63
HB 1 QQ – LX 1 SI 24.10.63
KP 4 BPZ – LX 1 SI 03.07.65
OK 1 KAW – LX 1 DU 21.09.65
OE 2 OML – LX I SI 28.10.69
DM 5 TI – LX 1 DB 28.10.73
SK 6 AB – LX 1 DB 28.10.75
OZ 9 PZ – LX I DB 28.10.75
WA 6 LET – LX I DB 23.12.75
14 EAT – LX 1 SI 26.10.75
JA 1 VDV – LX 1 DB 10.04.76
HK 1 TL – LX 1 DB 31.07.76
VE 7 BBG – LX 1 DB 30.05.76
VK 2 AMW – LX 1 DB 26.09.76
FY 7 AS – LX I DB 23.01.76
ZE 5 JJ – LX 1 DB 29.04.77
YV 5 ZZ – LX 1 DB 27.05.77
SP 9 FG – LX 1 SI 14.10.77
DJ 7 CC/HNO – LX 1 SI 27.08.78
GJ 8 KNV – LX 1 FX 24.09.78
YU 1 RGU – LX 1 DB 11.03.79
F 1 CYB/p/FC – LX 1 DB 18.08.79
GM 3 YGF – Lx 1 DB 04.09.79
GW 4 CQT – LX 1 DB 04.11.79
OH 3 TH – LX 1 DB 09.06.80
XE 1 RY – LX I DB 27.12.80
ZL 3 AAD – LX 1 DB 17.10.81
GD 2 GNH – LX 1 DB 30.10.82
UA 3 LBO – LX I DB 21.02.83
GU 2 FRO – LX 1 DB 25.09.83
KL 7 WE – LX 1 DB 12.02.84
LA 1 K – LX I DB 18.1 1.84
1296 MHz
DL 8 AWA – LX 1 DU 11.05.69
ON 4 ZK – PAOMJK/LX/p 21.05.71
PA 0 MS – PAOCJB/LX/p 02.10.71
LX 1 DB – LX 1 SI 21.11.71
F 2 TU – LX 1 DU 09.07.72
HB 9 RG – LX 1 DB 14.10.74
G 3 LQR – LX 1 DU 26.10.75
OK 1 KIR – LX 1 DU 28.10.75
OE 2 OML – LX 1 DU 28.10.75
W 6 YFK – LX 1 DB 15.07.79
VE 7 BBG – LX 1 DB 17.05.80
VK 5 MC – LX 1 DB 25.10.80
SK 2 GJ – LX I DB 29.11.80
I 2 COR – LX I DB 31.05.81
Z 25 JJ – LX 1 DB 26.03.83
OZ 7 LX LX 1 DB 25.09.83
HB 0 BM – LX 1 DB 18.08.84
GW 3 XYW – LX 1 DB 18.03.84
ZS 6 NG – LX I DB 21.10.84
YU 1 AW – LX I DB 08.12.84
2300 MHz
DL8AWA – LX1DU 12.04.74
G3JXN – LX2RV 26.10.83
ON5GF – LX2RV 07.05.83
OE9XXI – LX1DB 28.12.84
10 GHz
DK2DPX/p – LX1DU 12.05.78
F0BSH/p – LX1TM/p 25.07.79
ON5SA/p – LX1FX/p 14.07.79
Telles sont les premières liaisons réalisées dans notre pays avec l’étranger sur les fréquences élevées. Seul l’initié saura s’imaginer le nombre d’heures d’effort, d’écoute et de tentatives que représente chacune de ces liaisons. Les dernières trouvailles de la technique sont à incorporer dans le récepteur, l’antenne s’agrandit et s’élargit pour devenir finalement une parabole de 10 m de diamètre, et malgré cela ce monstre d’antenne, qui doit en plus pouvoir être orientée avec une précision de l’ordre de la fraction du degré, l’émetteur doit des fois dépasser les 100 W autorisés. Il y a lieu aussi de relever que tous les amateurs cités ci-dessus ont accompli ces prouesses en solitaire c.-à-d. qu’ils étaient tout seuls à concevoir, construire et monter leur équipement. Comme toujours il y a à cela une exception que nous voulons vous relater.
L’université de Stanford en Californie possède à Puerto Rico une installation de recherche comprenant notamment une antenne parabole creusée dans le sol et ayant un diamètre de 300 m. Elle avait proposé de mettre cet équipement pendant quelques jours à la disposition des amateurs, pour qu’ils y fassent leurs essais de transmissions transatlantiques. Le jour et l’heure des essais découlèrent de la position de la terre et de la lune et furent connus assez longtemps à l’avance pour que tous les intéressés pussent se préparer à ce défi. LX1SI construisit un nouveau PA et une antenne ainsi que le reste de l’équipement jugé nécessaire pour tenter sa chance dans cette aventure. Le soir du 3 juillet 1965 venu, et à défaut d’un autre moyen pour orienter l’antenne, Madame Schiltz prit place dans la lucarne de la toiture et s’efforça de viser au mieux la lune (sans trop tenir compte de la courbure infligée aux rayons lumineux lors de leur passage à travers la couche atmosphérique). Tout a dû être parfait car LX1SI fut la première station européenne à contacter le Puerto Rico et le continent américain sur la bande 432 MHz. Mais la réussite ne tenait qu’à l’absence de quelques nuages qui auraient pu cacher la lune ce soir-là.
Il va sans dire que cette première fit beaucoup de bruit dans la littérature amateur et que LX1SI devint une des figures de proue du monde VHF et UHF. On remarque d’ailleurs que le nombre des amateurs à réaliser les premières liaisons avec l’étranger se réduit à une bonne demi-douzaine. En effet, et nous l’avons déjà dit plus haut, la quantité et la qualité de travail à fournir pour la construction de l’équipement, la quantité de temps à sacrifier aux essais, ne sont pas dans les possibilités de tout le monde.
Les appareils dont se servaient les amateurs étaient devenus de plus en plus petits, le temps libre dont ils disposaient avait augmenté et de plus en plus ils prenaient leurs vacances à l’étranger. Quoi de plus normal que de vouloir emporter avec eux à l’étranger leur équipement? Mais pour cela il fallait que les administrations tutelles concluent d’abord un accord de réciprocité mutuel. Les esprits avaient entre-temps assez évolué pour que les militaires et autres services responsables de la sécurité du territoire ne fassent pas trop d’objections. Petit à petit le nombre de pays ayant conclu un accord de réciprocité augmentait mais il restait toujours pour l’amateur l’obligation d’adresser avec deux ou trois mois d’avance une demande à l’administration concernée du pays qu’il entendait visiter. Dans notre cas particulier, où l’on n’est jamais à plus d’une demi-heure de la frontière la plus proche, cette contrainte mitigea le plaisir de la facilité obtenue. Les administrations concernées n’appréciaient pas non plus le surplus de travail qui leur revenait chaque année à l’approche des vacances. La réciprocité automatique ou licence CEPT fut donc une idée qui n’avait pas trop de peine à faire son chemin d’autant plus que sa réalisation sur le plan restreint des pays Luxembourg, France, Allemagne et Monte Carlo n’avait donné lieu à aucun problème.
Les amateurs dans la communauté nationale
Tom Clarkson, ZL2AZ, l’ex-Director de la New Zealand Association of Radio Transmitters, a publié une réflexion sur la radio-amateur dont nous voulons reprendre ici quelques passages pour vous décrire la et les radio-amateurs.
Les activités des radio-amateurs, en comparaison avec d’autres, ne sont pas d’une nature flamboyante. Il y a donc lieu de présenter aux non-avertis ce qui constitue les fondements, la force et la faiblesse, ou en d’autres termes la nature du radio-amateurisme.
Quelle est l’identité du radio-amateurisme?
Elle a un vrai statut d’amateur et chaque radio-amateur est un volontaire. Son intérêt personnel fut la motivation de son apprentissage et de l’acquisition de compétences techniques et opératoires. Plus que tout autre dans la communauté il a une association étroite avec le don mystérieux de la nature, l’action à distance contrôlée par le rayonnement électro-magnétique.
L’amateur est unique parmi tous les utilisateurs de la radio.
Tous les autres utilisateurs de la radio poursuivent un autre objectif que la radio proprement dite. Une liberté de décision existe avec les amateurs, le volontariat, ce qui n’est pas le cas pour les autres usagers. Il aspire à la maîtrise des ressources qu’il utilise et la responsabilité de l’efficacité n’appartient qu’à lui. De toutes les influences affectant l’humanité il n’y en a pas de plus grande que la communication. De tous les éléments au secours de la communication la radio est sans conteste le plus important de ce siècle. Les écoles et les universités procurent de l’enseignement mais profitent rarement de ce qui existe chez les amateurs, à savoir l’approche de sujets complexes pour des raisons de besoin purement personnel. Il n’y a pas d’étudiant plus motivé que le volontaire. Ainsi nous avons la situation unique de radio-amateurs développant de la connaissance et de la compétence dans un créneau d’importance nationale et internationale tout en ne le faisant que par un intérêt strictement personnel.
De la signification de nos jours de la communication.
Toute chose en relation avec la communication doit être examinée à la lumière de la définition même du sujet. Elle implique la connexion de l’esprit ou du cerveau à un point défini d’action. L’information a son origine dans l’esprit, les nerfs et les muscles la transfèrent en dehors du corps et des dispositifs la transportent au loin. Ainsi des fils électriques ou des fibres optiques et le
under construction
RL History, English Summary
The very first amateur radio activity in the Grand Duchy of Luxembourg began in the laboratory, most probably before World War I. During the war Luxembourg was occupied by the enemy and all amateur activity was proscribed.
Commercial transmissions had begun long before the war, using wavelengths of about 1000 m and above, since it had been agreed at the International Telecommunications Conference of 1912 that wave lengths under 1000 m were not suitable for long-distance contacts. Radio amateurs soon proved the opposite! With great success they used wave lengths of about 200 m and less.
The first radio club in Luxembourg was founded in 1920 and comprised mainly listeners. On the Board we find names like Weckering, Wolff, Mueller, Gillen and Lagrange. It is worth mentioning that in 1919 a Luxembourg radio amateur A.R. (Aloyse Robert) published a booklet with instructions on how to construct a receiver capable of picking up Morse signals on damped waves from the big European commercial stations.
The idea of transatlantic contacts was first mooted by Hiram Percy Maxim, for many years the president of ARRL, soon after the American Association was founded. On 7 December 1921, Paul E Godley, 2XE, from the ARRL — but located for the purpose in Scotland — heard an American amateur station on 270 m. The first one-way amateur contact over the ocean was a reality.
The professionals pricked up their ears. Why use many kilowatts on wavelengths of 10,000 m if the same result could be achieved with only a few hundred watts on the short waves? Amateur radio had its first break-through.
Among the first Luxembourg amateurs we find pioneers like Jean Wolff 1JW, Dr. Auguste Schumacher, 1AS, Greg. Gillen, 1AG, Math. Wagener, 1AW, who took an active part in the international experiments and DX-contacts carried out at that time.
But the first two-way transatlantic contact had still not taken place. This was achieved on 27 November 1923 at about 21.30, when the French station 8 AB operated by Leon Deloy, contacted John L. Reinartz, 1XAM, and Schnell, 1MO, in the USA.
The number of amateurs throughout the world grew rapidly, and the need was felt for an international body to represent them and deal with their current and future problems.
Hiram Percy Maxim took the initiative of organizing a meeting in March 1924at the Hotel Lutetia in Paris with representatives of France, the United Kingdom, Belgium, Switzerland, Italy, Spain, Luxembourg, Canada and the USA. The following year, 1925, about 200 delegates from 23 countries met on 14-19 April and founded the International Amateur Radio Union, IARU. Luxembourg was represented by A. Schumacher, 1AS, Jean Wolff, 1JW, and Jean de la Fontaine, 1AF.
Jean Wolff graduated as an engineer and entered the Post and Telecommunications Administration in Luxembourg, where he spent his professional life. On the occasion of IARU’S sixtieth anniversary Richard L. Baldwin, the president of IARU, wrote: ‚The other IARU pioneer is Jean Wolff, LX1JW, who is a familiar figure at Amateur Radio meetings throughout Europe and in the USA!‘ In 1983 the Quarter Century Wireless Association elected J-B. Wolff to the QCWA Hall of Fame in recognition of his life-long dedication to the welfare of the International Amateur Radio Community.
In the mid-twenties new members joined the Luxembourg community of radio amateurs: W. Berger, 1AB, J. Oswald, 1AO, J. Kesseler, 1AI, G. Gillen, 1AG, Ph. Ensminger, 1AE, and H. Manderscheid, 1AL.
The prefix used by Luxembourg was 1, by the United Kingdom 2, 5 and 6, by Germany 4, by France 8, by Denmark 7 and by the Netherlands 0. At the IARU meeting in Paris this system turned out to be unsatisfactory, and Luxembourg introduced the letter L as the national prefix. The international ITU Conference in Washington in 1927 set up the first prefix list, and the Grand Duchy was assigned the letters EX. This prefix was subsequently changed by international Conventions to UL, and finally to LX, which is still in use today.
The old radio club from the year 1920 had in the meantime become the ‚Association Luxembourgeoise des Amis de la T.S.F‘ (A.L.A.T.S.E). Its members participated with great success in the ‚2e Exposition Internationale de T.S.F. et des Industries Annexes‘ organized in Luxembourg under the patronage of H.R.H. Prince Felix.
In 1930 the radio amateurs in the A.L.A.T.S.E formed a separate group which later went on to constitute the core of a new society, the ‚Reseau des Emetteurs Luxembourgeois‘. The Group included well-known call signs like 1AS, 1AC, 1AI, 1AL, etc.
In 1931 a new association was founded, the ‚Federation Nationale Luxembourgeoise des Associations Radiophiles (F.N.L.A.R.)‘.
In 1932, finally, the ‚Reseau des Emetteurs Luxembourgeois‘ was created. The founding members were: 1AS, President, 1JW, QSL-Manager, 1JS, Secretary, members 1AG, 1AB, 1RS and the President of the Dudelange Radio Club, Mr. Mart, who had no call sign.
It should be mentioned at this stage that a number of radio amateurs who did not live in the capital had created local radio clubs, some of them extremely active, thus contributing to the spread of amateur radio throughout the country. In the early thirties there were radio clubs in the following cities: Esch-Alzette, Dudelange, Rumelange, Tetange, Schifflange, Bettembourg and Diekirch. Where no radio club existed, amateurs had to develop on their own. This was the case in, for instance, Differdange, where the amateurs Schwinnen, Ripp and Mitten lived.
The newly founded club ‚Reseau des Emetteurs Luxembourgeois‘, however, and due to different circumstances set out briefly below, had no great success. So on7 March 1937 a new and autonomous organization was founded: the ‚Reseau Luxembourgeois des Amateurs d’Ondes Courtes (R.L.)‘.
Let us shortly recall that amateur radio had been prohibited in the Grand-Duchy of Luxembourg by a law of December 1929. In January 1937 a radio amateur was accused and sentenced for having infringed this law His own association did nothing to help him. On the other hand, the existing associations representing amateurs had been shown to be powerless in obtaining the requested regulation for amateur radio activity. These were the main reasons for the creation of another society, the R.L., whose founding members were 1AB, 1BA, 1AI, 1AP,1AO, 1AM, 1MS, 1RS, 1CJ, 1JB, 1AD, 1MJ, 1IO, 1AC, 1TL.
The following is a list of OM’s which we have met up till now:
1AS Dr. Auguste Schumacher, MD, Luxembourg
1AG Greg. Gillen, Luxembourg,
1AW Math. Wagner, Diekirch,
1JW Jean Wolff, Luxembourg,
1AB Guillaume Berger, Luxembourg
1AO J. Oswald, Luxembourg
1AH Antoine Huberty, Luxembourg
1AI Jos. Kesseler, Luxembourg
1AE Ph. Ensminger, Dudelange
1AL H. Manderscheid, Dudelange
1AC C. Conrardy, Luxembourg
1RS R. Stein, Luxembourg
1JS J. Simon, Luxembourg
1MS Henri Sadler, Petange
1AP Albert Huberty, Luxembourg
1IO André Brasseur; Luxembourg
1CJ Charles Staudt, Luxembourg
1JB Joseph Brix, Luxembourg
1AR E. Feck, Luxembourg
1TW Antoine Wiltgen, Diekirch
1BA Alfred Berger, Luxembourg
1AM Nic. Manderscheid, Diekirch
1AD Ph. Diderich, Dudelange
1MJ Jos Mitten, Differdange
1TL Thilmany, Bonnevoie.
In one way or another these OM’s contributed to the events that led to 15 of them founding the present R.L.
The Board of the new association was made up as follows: President, A. Wiltgen, 1TW; Secretary J. Kesseler, 1AI; Treasurer, A. Huberty, 1AP; QSL-Manager, R. Stein, 1RS, and M. Schroeder, legal adviser.
The history of amateur radio in Luxembourg cannot be told without mentioning Francois Anen. He was not a radio amateur in the sense of the word today, since his activity was directed more towards commercial broadcasting. In fact, he was the first, in 1923, to make a commercial broadcast from Luxembourg. Many future radio amateurs were inspired by his experiments and activity, and through him found the way to amateur radio.
In the night from 23 to 24 December 1924 Mr. Anen made his first telephony contact between Luxembourg and the USA.
Only 10 years later, in 1933, Radio Luxembourg opened its broadcasting station in Junglinster. In 1929 Mr. Anen’s station was incorporated into the “Compagnie Nationale de Radiodiffusion”.
In December 1937 the newly created “Reseau Luxembourgeois des Amateurs d’Ondes Courtes” was admitted as a national Member Society of IARU, being thus the only one with the right to represent Luxembourg radio amateurs internationally.
However, the struggle for the right to transmit legally continued. In 1938 the R.L. wrote to the Prime Minister and received the answer that the question was going to be dealt with by the Council of State at the start of 1939. This never came about. World War II broke out, and the Government preferred to stop all radio transmissions from the territory of the Grand Duchy — even those of Radio Luxembourg — in order not to provoke the warring neighbours and thus jeopardize the neutrality of Luxembourg. This great QRT was to last until 1946-1947.
The years 1939 to 1944 constitute a dark chapter in the history of Luxembourg and its radio amateurs. Proportionally, Luxembourg and its inhabitants were the most severely hit compared with other occupied countries. Young people were obliged to join the German Army, and the country suffered particularly under the Battle of the Bulge, when most villages in the northern part were completely destroyed. Despite the occupation and the total ban on possessing transmitting gear, two Luxembourgers managed to transmit messages to the Allied forces: Mr. Emile Kunsch, executed by the Germans on 25 February 1944, and Camille Conrardy, LX1AC. Amongst others, two radio amateurs— Ph. Wendel, LX1AK, and L. Wehenkel, LX1DY — died in concentration camps. They were decorated posthumously with the “Croix de la Resistance”.
The first General Meeting after the War took place in January 1946 in the presence of only 18 members. A new Board was elected: President: H. Sadler; LX1MS; Vice-President: M. Schwinnen, LX1SM; Secretary: L. Kesseler, LX1Al; Treasurer: C. Conrardy, LX1AC; QSL-Manager: W. Berger, LX1AB; and legal adviser: Mr. Schlesser.
At the General Meeting of 27 January 1947 there were 52 members. The surplus stock of the Allied forces and of the Germans were a source of material for radio amateurs, and many young people started their career as amateurs with rigs they had constructed with spare parts from these sources.
Finally, on 25 July 1950, the R.L. succeeded in its efforts and the authorities allowed amateur radio activity in Luxembourg after a QRT of about 21 years! However, when analysing the reasons for this long QRT, it must be stressed that it was not only internal political reasons that had prevailed. The international situation may have played its part in the Luxembourg authorities decision not to allow private radio transmissions in the country, Luxembourg being situated geographically at an exposed position between two powers who had been hostile to each other throughout the centuries.
There followed a decade of quiet development in full legality during which the Luxembourg radio amateurs could dedicate themselves to technical problems rather than to fight the administration and fearing discovery when transmitting.
In 1962 the R.L. celebrated its 25th anniversary. At the General Assembly on 18 March 1962 the President and the Secretary, Henri Sadler and J. Kesseler, who had been in office 17 and 25 years respectively, did not stand again and were unanimously elected Honorary President and Honorary Secretary. Romain Sadler; LX 1 DP, took over as new President, and the post of new Secretary went to Mathias Schwinnen, LX1SM who, however, retired after only one year because of failing health.
In the late fifties started a rapid progress in technology, a progress which is still going on. Let us just mention the stereo, television, video and compact disc in the common households. For the radio amateur the most important change was perhaps the invention of the semiconductors and thus the introduction in electronics of the transistor to substitute the good old tubes: diodes, triodes…pentodes. Transceivers grew smaller and smaller and more sophisticated and difficult to build by the amateur himself. New modes and gear were introduced: RTTY, FAX, moon-bounce, Oscar, repeaters, satellites, packet radio. If Marconi, Morse, and the other first pioneers were alive today they would probably shake their heads if they saw what has become the result of their very first communications with an unmodulated CW signal. On the other hand, the amateur of today needs a well-developed phantasy to imagine the true ham spirit of the early twenties and the difficulties under which the first pioneers worked.
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